lundi 8 février 2010

TECHNIQUES DE MANIPULATION DES MASSES

Techniques de manipulation des masses
Capturez leurs esprits, leurs cœurs et âmes suivront

1. Introduction
2. Techniques de planification
3. Techniques psychologiques
4. Techniques de propagande
5. Techniques de désinformation
6. Techniques d'action ciblées
7. Conclusion
8. Etudes de cas
9. Liens & informations complémentaires

Introduction
On appelle "techniques de manipulation des masses", l'ensemble des moyens d'influence permettant la manipulation de l'opinion publique à des fins politiques, économiques ou stratégiques. On peut quelque qu'en soit sa forme, l'assimiler à une arme psychologique absolue, qui peut être dirigée vers son propre groupe (par exemple en y attisant les schismes); ou bien encore vers un autre groupe afin d'en prendre le contrôle ou du moins y semer le désordre. Il existe deux moyens de faire la guerre: le premier est le recours à la force, l'autre beaucoup plus subtil est le recours aux techniques de manipulation. Une des formes courantes de cet art manipulatoire est d'altérer le comportement d'une cible choisie en modifiant sa perception du réel. Le but à atteindre étant toujours de garder une solide emprise sur la cible par une situation de dépendance psychologique et matérielle.

La manipulation des masses est apparue dès que l'homme dans son histoire fut capable de se constituer en groupes hiérarchisés d'intérêts différents (politiques différentes) dont les dirigeants, cherchant à accroîtrent ou maintenir leurs pouvoirs, manipulaient les masses crédules afin de servir leurs intérêts et leurs ambitions. Ainsi il est aisé de supposer que bien avant notre ère, certaines civilisations utilisant les moyens à leur disposition pratiquaient déjà ce type de manipulations.

Le premier document faisant mention de techniques de manipulation, est "l'Art de la Guerre", attribué à Sun Tzu (auteur ou groupe d'auteurs) dont on ne sait rien, si ce n'est qu'il vécu quelques siècles av.J-C. en Chine à peu près à la même époque que Confucius. Toujours est-il que l'on se doit de supposer qu'il s'agissait d'un excellent stratège, vu le contenu de son ouvrage:

"Tout l'art de la guerre est fondé sur la duperie".

"Ceux qui sont experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemie sans combat. Ils prennent les villes sans donner l’assaut et renversent un état sans opération prolongées".

"Toute campagne guerrière doit être fondée sur le faux-semblant; feignez le désordre, ne manquez jamais d'offrir un appât à l'ennemi pour le leurrer, simulez l'infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion: sa convoitise le lancera sur vous pour s'y briser."

"Lorsque l'ennemi est uni, divisez-le; et attaquez là où il n'est point préparé, en surgissant lorsqu'il ne s'y attend point. Telles sont les clefs stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne point les engager par avance." - Extraits de l'Art de la Guerre -

On peut après lecture de l'ouvrage en déduire que pour Sun Tzu les techniques de manipulation consistaient en: une discréditation des meneurs, une désorganisation systématique des principes d'autorité, une ridiculisation de certains aspects culturels, une nécessité de semer doute et discorde au sein du peuple en y répandant immoralité et débauche avec des techniques de propagandes et de rumeurs, ainsi q'une perturbation de l'ordre économique. Ajoutons à cela qu'il préconisait l'utilisation du "dynamisme des contraires" (qui constitue une des armatures de la philosophie chinoise), poussant par exemple les jeunes à se révolter contre les vieux. Ce qui sera d'ailleurs reprit bien plus tard, par certains de ses contemporains du XX e. S.

La manipulation des masses, s'appuie sur cinq types de techniques que nous allons tenter d'analyser une par une :
- techniques de planification
- techniques psychologiques
- techniques de propagande
- techniques de désinformation
- techniques d'actions ciblées

La planification d'actions psychologiques


La planification est un aspect essentiel de toute action psychologique. Les actions doivent avoir des objectifs précis. La prochaine section aborde les méthodes de planification de propagande et de désinformation, les mesures d'efficacités des propagandes et les facteurs à considérer lors de l'élaboration de propagande et de désinformation. Aucune des sources consulté ne parlait de planification de mesures actives.

La première étape à toute action psychologique est la recherche de renseignement (McLaurin, 1982). Celle-ci peut se faire grâce à des techniques de recherche de marché (sondage d'opinion, etc.), entrevue, interrogatoire ou de l'analyse de contenus de documents.
Ces techniques peuvent provenir de sources d'information variées :
- des renseignements humains (prisonnier de guerre, civil ennemi ou allié, réfugié), de renseignements électroniques (écoute électronique, interception de données informatiques), des documents capturés, des experts ou par une revue de littérature (rapport de renseignement, périodique/livres, propagande ennemie, média de masse, études spéciales) (McLaurin, 1982).
La recherche de renseignement vise à :
1- définir les audiences clefs dans une population,
2- évaluer les attitudes et les motivations des gens,
3- analyser les vulnérabilités d'audience spécifiques et
4- déterminer le meilleur moyen d'atteindre ses objectifs (McLaurin, 1982).

La deuxième étape d'une propagande consiste à choisir le contenu du message, les moyens de communications et les techniques utilisées en fonction des objectifs, de la situation et de l'audience ciblée (McLaurin, 1982). Il est important que le contenu du message soit cohérent avec ce que les gens croient (Lerner, 1972). La troisième étape consiste à planifier la logistique nécessaire et à transmettre la propagande (McLaurin, 1982).

Le propagandiste doit tenir compte de plusieurs facteurs pour élaborer son message. Ce dernier doit :
1- attirer l'attention,
2- être compréhensible par la cible,
3- ne pas l'offenser,
4- activer des besoins individuels et fondamentaux et
5- proposer une réponse pour une collectivité car les comportements sont fortement influencés par son rôle et son groupe de pairs (McLaurin, 1982). Les facteurs de persuasion sont les mêmes qu'en publicité :
1- la source doit être crédible, prestigieuse et/ou similaire à la cible ,
2- le contenu dépend des objectifs, mais il doit être semblable aux attitudes de la cible ,
3- de façon générale, les masses médias sont plus efficaces et
4- l'audience cible doit être celui ayant les attitudes les moins prononcées (Bloom, 1991 ; McLaurin, 1982).

Pour pouvoir faire une désinformation, il faut tout d'abord que les renseignements obtenus démontrent que les cibles sont susceptibles a être affectée par une désinformation. Cette susceptibilité provient de :
1- une cible apte à être déformée,
2- un état d'esprit dans la population ou chez les dirigeants tel qu'il acceptera la désinformation comme légitime,
3- une désinformation qui doit correspondre avec leur préconception de la réalité ou leur mode,
4- avoir des canaux de désinformation crédible et bien établis et
5- la cible doit être convaincue que le désinformateur ne peut pas l'atteindre (Montifroy, 1994).

Pour les services de désinformations Tchécoslovaques (Bittman ; voir Volkoff, 1986), après le recueil de renseignement, les agents faisaient des propositions de désinformations. Les meilleures propositions étaient choisies en fonction des objectifs à long terme et étaient transmises par : des agents de renseignement, des agents doubles, des collaborateurs idéologiques ayant des postes influents ou par du matériel délivré de façon anonyme.

La dernière étape consiste à mesurer les effets d'une action (McLaurin, 1982). Les mêmes sources d'informations sont nécessaires que pendant la première étape. En temps de paix, les études de marchés sont simples à effectuer car elles sont faites sans crainte de contrôle gouvernemental (Durandin, 1993). En temps de guerre, la situation devient plus complexe à évaluer et plusieurs questions se posent. Quel critère utiliser pour mesurer l'effet d'une action psychologique, comment le mesurer et comment accéder à l'audience ciblée (McLaurin, 1982)? Le problème devient encore plus obscur lorsqu'on touche à la propagande militaire. La nature même de la guerre empêche de dire si les effets observés sont dus à la propagande ou bien tout simplement à l'action militaire (McLaurin, 1982). Les prisonniers de guerre sont souvent hostiles et refusent de répondre à des enquêtes sur l'efficacité d'une propagande. McLaurin (1982) propose que le propagandiste intègre un "agent double" à l'intérieur des prisonniers pour avoir des informations plus valides. Deux autres méthodes sont aussi proposées : interviewer à fond un très petit groupe d'individus ressemblant le plus à la population cible ou encore, questionner un "juge" qualifié qui connaît bien la population et la culture cible. Il est à noter que ces deux dernières méthodes comportent des biais.

Les effets de propagandes en temps de guerre peuvent être évalués de façon quantitative ou qualitative (McLaurin, 1982). Des exemples de critère quantitatif sont : le nombre de prisonniers de guerre, le nombre de déserteurs, le temps pour effectuer un rappel de la propagande, un sondage distribué aux prisonniers et le nombre de pamphlets ou d'heures de diffusion effectuées. L'analyse de contenu des communications ennemies, des interviews, des interrogatoires ou l'analyse des lettres des prisonniers sont des exemples de critères qualitatifs.

Action psychologique

Introduction
Comme mentionné précédemment, l'action psychologique (psychological operations) est définis comme l'utilisation planifiée ou programmée de toutes formes d'actions humaines non coercitives désignées pour influencer les attitudes ou les actions des groupes ennemis, neutres ou alliés de manière à servir les intérêts nationaux (McLaurin, 1982). Il s'agit donc d'affecter les comportements d'une cible par l'intermédiaire des cognitions ou des émotions. Les actions psychologiques ont pour but soit de changer les perceptions des dirigeants ennemis sur nos intentions, soit de modifier les attitudes de la population et des soldats ou soit de supporter des mouvements qui suivent les intérêts de l'acteur. La cible des actions détermine si celles-ci ont un caractère offensif ou défensif (McLaurin, 1982). Lorsque les destinataires sont étrangers l'action est dite offensive alors que lorsque l'action est dirigée vers sa propre population elle est dite défensive (Durandin, 1993). Son utilisation n'est pas seulement en temps de guerre, ce qui tend à nuancer les définitions classiques de guerres et de paix (McLaurin, 1982).

Bloom (1991) donne 7 raisons rendant les actions psychologiques plus avantageuse que l'usage de la force pour atteindre des objectifs :

elles sont moins dispendieuses,
elles permettent d'atteindre un plus grand nombre d'objectifs,
toutes actions ou situations ont des significations psychologiques qui peuvent être utilisées par les actions psychologiques,
la population est peu favorable à l'usage de la force et les actions psychologiques deviennent un moyen populaire d'imposer ses politiques,
les dilemmes de sécurité sont des phénomènes psychologiques qui peuvent avoir plus d'effet sur les actions de l'antagoniste qu'une démonstration de force,
les actions psychologiques permettent d'atteindre des objectifs sans perte de vie et
les actions psychologiques peuvent être implantées sans que la cible s'en aperçoive.
Bloom (1991) distingue deux types d'actions psychologiques : la propagande et les mesures actives. Pour ce travail la désinformation a été considérée comme un troisième type d'action psychologique car elle peut servir à la fois à appuyer la propagande et les mesures actives, mais aussi être une opération en elle même. En temps de guerre, ces trois actions peuvent venir à se confondre et la délimitation entre les trois devient nébuleuse.

Développement
Quelle est la différence entre opérations psychologiques et propagande?
Utilisation des opérations psychologiques
Alexandre Le Grand de Macédoine
Sun Tsu
Genghis Khan
Pendant la seconde guerre mondiale
La Guerre du Golfe
Conclusions

Introduction
Les opérations psychologiques sont des opérations prévues pour divulguer une information déterminée et influencer les émotions, mobiles, raisonnements objectifs, et finalement le comportement de groupes ou d’individus. C'est une arme dont l'efficacité n’est limitée que par l'ingéniosité du commandant qui l’utilisant.
Les opérations psychologiques représentent une des armes les plus anciennes de l'arsenal guerrier... C'est un facteur de force important et un système d'armes non mortelles.
Pour appliquer des opérations psychologiques ou la guerre psychologique, un commandement doit tout apprendre au sujet de sa cible : ses convictions, goûts, dégoûts, forces, faiblesses et vulnérabilités. Lorsque les motivations sont connues, il peut commencer des opérations psychologiques.

On peut définir les opérations psychologiques comme l'utilisation des communications en vue d'influencer les attitudes et le comportement humains pour créer dans le comportement du groupe cible, les émotions, et les attitudes qui soutiennent l'accomplissement des objectifs nationaux. La forme de communication peut être la propagation de bouche à oreille ou par tous les moyens des multimédia (radio, dépliants, journaux, livres, affiches...). L'arme n'est pas comment le message est transmis, mais le message en lui-même et comment il affecte le destinataire. Par exemple, on ressent un sentiment de fierté en voyant son drapeau national.

On a dit souvent que le stylo est plus puissant que l'épée. C'est parce que, s’ils sont utilisés correctement, les mots peuvent être une inspiration pour motiver les autres.
Mais pour que les opérations psychologiques soient efficaces, il faut planifier soigneusement la propagande. Il faut s’assurer que l’on connaît tout de la cible et ne pas utiliser ses propres valeurs. Par exemple, au début de la Tempête du Désert, juste après que l'Irak ait envahi le Kuweit, le Président Bush a comparé Saddam Hussein à Adolphe Hitler".

Pour les Américains et la majeure partie des Européens, c’était une comparaison insultante. Cependant, envisagée du point de vue d'un soldat irakien, Adolphe Hitler a essayé d'exterminer tous les juifs. L'Irak a longtemps détesté Israël. Hitler a repoussé les forces britanniques et françaises qui avaient longtemps occupé le Moyen-Orient. Ainsi avec la bonne propagande, on peut interpréter la comparaison par le fait que Saddam, comme Hitler, déteste Israël et veut garder l'influence infidèle occidentale hors du Moyen-Orient. Ce serait alors un compliment, pas une insulte.

D’autre part, connaître les convictions de votre ennemi peut fonctionner à votre avantage. Par exemple, quand Saddam Hussein a montré des images de ses "boucliers humains", des femmes et enfants des Occidentaux qui étaient en Irak quand la guerre a éclaté… Le coran, sorte de bible musulmane, déclare que vous pouvez faire ce que vous voulez de votre ennemi, mais que vous ne devez pas nuire à sa famille, (femme et enfants). Cette action de Saddam nous a persuadé qu'il était un lâche, se cachant derrière les personnes innocentes et ignorant les lois musulmanes qu'il prétendait défendre.
Comment apprenez-vous à connaître votre ennemi? Les rapports de services de défense, l’étude de la région, des pays, les déserteurs, l’aide des indigènes, et même les prisonniers de guerre ennemis sont des sources d'information. Lorsqu’on mettait au point des feuillets de propagande pendant la Tempête du Désert, ils ont été testés sur des prisonniers de guerre ennemis dont les recommandations ont été prises en compte. Un exemple parmi d’autres : montrer les soldats alliés avec des barbes plutôt que le visage rasé (les barbes suscitent la confiance et un sentiment de confrérie dans la culture irakienne). En outre, une illustration d’un Iraquien pensant à sa famille a laissé perplexes les prisonniers : les phylactères sont bien connus dans la culture occidentale, mais pratiquement inconnus des Irakiens. L'illustration a été abandonnée.

Dans une note écrite au Secrétaire d'État John Foster Dulles, le 24 octobre 1953, l'ancien Président des États-Unis, Dwight D. Eisenhower, a défini la guerre psychologique comme étant n'importe quoi, "du chant d'un bel hymne jusqu'à l’acte de sabotage le plus ostentatoire."
Utilisé en temps de paix ou de guerre avouée, ces activités sont des facteurs de force qui emploient des moyens non-violents dans des environnements souvent violents. Préférant persuader plutôt que confronter, ils comptent sur la logique, la peur, le désir ou d'autres facteurs psychologiques pour favoriser des émotions, des attitudes ou des comportements spécifiques. Par exemple, l'objectif final des opérations psychologiques militaires des États-Unis est la diffusion aux communautés étrangères d'informations véridiques pour les amener à l'appui de la politique des États-Unis et des objectifs nationaux pour convaincre l'ennemi, le neutre et l’ami d’agir de manière favorable aux États-Unis et à ses alliés. Il s’agit donc ici de diffusion d'informations véridiques, pas de propagande qui est classée par catégorie comme "blanche, grise, ou noire".

Suite : Quelle est la différence entre opérations psychologiques et propagande?

Quelle est la différence entre opérations psychologiques et propagande?

Un mémorandum préparé par le Chef d’Armée des équipes sur le terrain au Fort Monroe, en Virginie, en septembre de 1953, a brièvement expliqué la différence entre la propagande "grise", émission de messages avec le but d'"éviter l'identification" et la propagande "noire", qui comporte l'"attribution à une source autre que la vraie."
Un ensemble de définitions plus récent, employé par l'ancien chef de la C.I.A, William Colby, appelle propagande "blanche" les messages émanant réellement de la source désignée, tandis que des messages faussement attribués à un tiers sont appelés "gris." L’expression "propagande noire" est réservée pour ces matériaux "plantés par les États-Unis, mais paraissant produit par le groupe-cible ou même semblant être un de ses documents internes." En d'autres termes, "la propagande noire" n'est rien moins qu'une forme de subversion intellectuelle et politique.

Historiquement, l'application des opérations psychologiques sous une forme ou une autre s'est avérée être presque aussi essentielle pour gagner la guerre que l’utilisation de main d’œuvre et d'armements. Cependant, malgré sa longue histoire de succès, son potentiel pour atteindre des objectifs nationaux avec un minimum de destruction, n’a été identifié que par les chefs militaires et chefs d’état les plus lucides. En outre, ce n’est que depuis la seconde guerre mondiale que opérations psychologiques ont été reconnues en tant que système d'arme efficace.
Les pas de géants faits dans le secteur des sciences comportementales, qui peuvent maintenant nous permettre de savoir et de comprendre pourquoi les gens se comportent comme ils le font, combinés avec le développement et la perfection des communications de mass media, ont considérablement multiplié les possibilités et la valeur des opérations psychologiques en tant que moyen d'atteindre nos propres objectifs nationaux sans carnage inutile.
Une analyse des conflits récents a démontré la valeur des opérations psychologiques sur et en dehors des champs de bataille. En conséquence, les autorités militaires commencent maintenant à accepter le fait que les opérations psychologiques sont une arme très spéciale de combat que chaque commandant militaire doit considérer s'il veut accomplir sa mission avec un minimum de pertes. Cette identification du rôle important des opérations psychologiques a eu pour conséquence son intégration dans beaucoup de programmes de formation et d’exercices tactiques, aussi bien que la considération de l'emploi des opérations psychologiques dans toutes les futures opérations militaires.

Utilisation des opérations psychologiques
Les opérations psychologiques peuvent être utilisées pour produire les effets désirés suivants:
1. Réduire l'efficacité morale et combative dans les rangs de l'ennemi.
2. Favoriser dissensions et défections massives des unités de combat ennemies et/ou du cadre révolutionnaire.
3. Soutenir nos propres opérations et celles de nos alliés.
4. Favoriser la coopération, l'unité et le moral dans son propre camp et celui des unités alliées, aussi bien que dans des forces de résistance derrière les lignes ennemies.

Utiliser des Opérations psychologiques n’est pas nouveau en tactique militaire. Il y a de nombreux exemples de l'utilisation de la guerre psychologique à travers l'histoire. Voici quelques exemples historiques qui illustrent l'accomplissement de chacun de ces quatre objectifs.

Alexandre Le Grand de Macédoine
Peut-être que l’un des exemples les plus anciens de la guerre psychologique peut être attribué à Alexandre Le Grand de Macédoine. Alexandre avait conquis la majeure partie du monde connu pendant son règne. Dans chaque région qu’il a conquise, il a laissé des soldats pour garder le contrôle du secteur nouvellement acquis. Par la suite, est venu un moment où Alexandre s'est rendu compte qu'il avait trop dispersé son armée et qu’il était maintenant en danger de perdre face à une grande force d'opposition. La seule option d'Alexandre était de faire retraite et de regrouper avec les armées qu’il avait laissé derrière lui. Cependant, ce faisant, cela aurait certainement incité la force d'opposition à le poursuivre et très probablement à capturer ou défaire son armée maintenant plus réduite.
Alexandre a su que, s'il pouvait intimider cette force d'opposition, l’ennemi serait effrayé de suivre son armée. Il a donc commandé à ses armuriers de faire plusieurs plaques d'armure et des casques surdimensionnés qui susceptibles d’habiller des "géants", de plus de 2 mètres. Comme Alexandre et ses forces se sont retirés pendant la nuit, ils ont laissé derrière eux ces armures surdimensionnées. Ces armures ont naturellement été trouvées par l’ennemi qui a alors cru qu'ils devraient s'engager dans une bataille avec des géants, bataille qu'ils auraient certainement perdue. Les armures surdimensionnées, ajoutées aux histoires de sauvagerie qu'ils avaient entendues des voyageurs au sujet de l'armée d'Alexandre a causé assez de doute et de crainte pour qu'ils choisissent de ne pas poursuivre l'armée d'Alexandre.

Sun Tsu
Sun Tsu, considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de tous les temps, avait fortement préconisé l'utilisation de la guerre psychologique comme facteur de force. Sun Tsu a écrit que :
« Capturer l'armée entière de l'ennemi est mieux que la détruire; prendre intact un régiment, une compagnie, ou un peloton est mieux que les détruire. Parce que gagner cent victoires dans cent batailles n'est pas le point culminant de la compétence. Soumettre l'ennemi sans combattre est l'excellence suprême. Ainsi, ce qui est d'importance suprême dans la guerre est d’attaquer la stratégie de l'ennemi. Ensuite, c’est de perturber ses alliances par la diplomatie. Ensuite, c’est d'attaquer son armée. Et la plus mauvaise politique est d'attaquer les villes ».
Sun Tzu a compris que, si on lui en donne l'occasion, un adversaire se rendra à un commandant supérieur avant un conflit. Afin d'avoir une chance d'être ce chef supérieur, les opérations psychologiques doivent être coordonnées et inclues dans la planification initiale et être mises en application avant un conflit. Si les hostilités commencent, l'exécution appropriée des opérations psychologiques peuvent finir le conflit plus tôt que prévu sinon. Les opérations psychologiques sont donc un multiplicateur de force et un économiseur de force.

Genghis Khan
Le Chef mongol Genghis Khan a été largement réputé pour avoir conduit des hordes de cavaliers sanguinaires à travers la Russie et l'Europe. Bien que n’étant pas totalement infondée, cette image de domination totale et barbare des Mongols a été considérablement augmentée par l'utilisation des opérations psychologiques par Genghis Khan, visant le processus décisionnel de ses adversaires.
Des "agents d'influence" ont été envoyés en avant de ses armées pour faire des opérations psychologiques en tête à tête, parler de la brutalité et des effectifs nombreux et invincibles de l'armée mongole, faisant paraître l'armée plus importante qu'elle n’était réellement. Il a eu un réseau de cavaliers appelés les "cavaliers archers", pour communiquer rapidement avec ses commandants, et il a visé les messagers ennemis pour empêcher les commandants ennemis de communiquer avec l'un l'autre. Toutes ces actions ont affaibli le moral de leur ennemi, et les Mongols ont été craints partout où ils sont allés.

Suite : Pendant la seconde guerre mondiale


Pendant la seconde guerre mondiale
Des opérations psychologiques ont été employées intensivement par toutes les parties en cause pendant la seconde guerre mondiale. Adolf Hitler est monté au pouvoir en exploitant le mécontentement des défenseurs des partis traditionnels, de gauche comme de droite, à cause de l’incapacité de ces partis à résoudre les problèmes créés par les conditions imposées à l'Allemagne par le Traité de Versailles.

Il a alors présenté le national-socialisme comme un mouvement capable d'unir les nationalistes conservateurs aux socialistes internationaux, les classes d’indépendants avec les classes ouvrières dans le service de la nation. Les discours qu'il a prononcés ont développé la fierté et l'unité nationales et ont placé le blâme de tous les problèmes de l'Allemagne sur d'autres. Ses techniques d'éloquence et l’utilisation de la propagande lui ont donné une emprise véritablement hypnotique sur les masses allemandes. Après qu’il ait pris le pouvoir comme dictateur, les Allemands ont continué à employer la propagande pour unir l'Allemagne et pour intimider leurs ennemis.

Les émissions de radio sont devenues des moyens importants de faire passer la propagande à l'ennemi. Le Japon a employé la notoirement connue "Tokyo Rose" pour annoncer de la musique, de la propagande et des mots de découragement à nos forces alliées. Les Allemands ont employé Mildred Gillar, mieux connue sous le nom de "Axe de Sally". Les Américains ont utilisé le découragement et les opérations psychologiques pour convaincre le haut commandement allemand que l'invasion du Jour J n'allait pas être lancée en Normandie, mais à Calais.
Cependant la meilleure utilisation, et la plus innovatrice, de la guerre psychologique doit être attribuée à une émission par radio par la BBC. De mai à septembre 1940, quand l'invasion allemande de l'Angleterre a semblé imminente, un programme de radio régulier de la BBC, facilement entendu et souvent écouté par les Allemands, a commencé une série de leçons d'anglais pour les envahisseurs potentiels.
Ces émissions naturellement ont été présentées dans un allemand impeccable. L'annonceur britannique a énoncé le but de ces émissions comme ceci:
"... ainsi il vaudra mieux que vous appreniez quelques expressions utiles en anglais avant de nous rendre visite. Pour votre première leçon, nous prenons « DIE KANAUEBERFAHRT », la Traversée de la manche. Maintenant, répétez juste après moi: ‘DAS BOOT SINKT.’ Le bateau coule. Le bateau coule.

"DAS WASSER IST KALT“. L'eau est froide. SEHR KALT. Très froide"

"Maintenant, je vais vous donner un verbe qui devrait être très utile. De nouveau, répétez après moi, s’il vous plaît. « ICH BRENNE“. Je brûle. Du Brennst. Tu brûles. ER BRENNT. Il brûle. WIR BRENNEN. Nous brûlons. IHR BRENNT. Vous brûlez. SIE BRENNEN. Ils brûlent."

C’était du matériel plutôt naïf, mais il s’est révélé efficace. Les phrases concernant le fait de brûler dans la Manche ont semblé confirmer les rumeurs intensives déjà répandues par des agents anglais sur le continent que les Anglais avaient perfectionné un appareil avec lequel ils allaient mettre le feu dans la Manche et sur les plages anglaises si Hitler lançait son invasion. Bien que fausses, les rumeurs étaient si bien planifiées et si habilement répandues que beaucoup d'Allemands les ont crues. Les documents retrouvés après la guerre ont confirmé que le haut commandement allemand a cru que les Anglais avaient un plan réalisable pour mettre le feu à la Manche.

Les opérations de couverture et de découragement sont des affaires complexes, impliquant invariablement beaucoup de talents, de techniques et de ressources. Peut-être que l'opération de couverture et de découragement la plus ambitieuse et la plus spectaculaire des temps modernes a été l'effort des alliés de convaincre le haut commandement allemand que l'invasion alliée prochaine de l'Europe se produirait à travers les plages du Pas de Calais, plutôt que sur les étroites bandes de sable et falaises de Normandie, presque 200 cents kilomètres plus loin.

Par l’emploi imaginatif des opérations psychologiques, les alliés ont créé un factice "Groupe Armé de Patton", qui aurait été déployé pour frapper à travers la Manche, le 15ème régiment de Panzer allemands défendant le Pas de Calais. Cette ruse a convaincu les stratèges allemands et les planificateurs que l'assaut allié serait réparti dans le Pas de Calais par une armée sous le commandement du Lieutenant Général George S. Patton, que beaucoup considérait comme le meilleur commandant allié de combat. En conséquence, la concentration la plus importante de la force de combat allemande en France a été placée dans le Pas de Calais, attendant Patton.

Même après que l'invasion alliée ait eu lieu en Normandie, Hitler n’a pas autorisé le déploiement de la 15ème armée de Panzer du Pas de Calais. Hitler était toujours convaincu que l'invasion de la Normandie était seulement un prélude à la véritable invasion. La 15ème armée de Panzer a attendu en vain le groupe Patton au Pas de Calais pendant presque sept semaines, une invasion qui ne devait jamais venir. Plus tard, le général d'armée Omar Bradley s'est référé à cette opération en tant que "plus grand canular de la guerre". Quant à l'armée allemande, ils ont jamais entièrement récupéré des retournements de situation entraînés par leur retard à libérer la 15ème armée de Panzer.

L’exemple suivant concerne le quatrième objectif des opérations psychologiques, c’est-à-dire, son utilisation pour favoriser la coopération, l'unité et le moral des unités et des alliés aussi bien que des forces de résistance derrière les lignes ennemies.
Pendant la seconde guerre mondiale, la survie même de l’Union Soviétique dépendait en grande partie de la capacité de Staline à faire appel au patriotisme émotif des Russes et à les mobiliser. Son régime affaibli par l'attaque-éclair allemande de 1941, Staline a senti que les abstractions idéologiques et les platitudes communistes, que le parti avait amenées à l’esprit de ses compatriotes depuis sa succession en 1918, étaient relativement stériles et n’avaient pas l'impact émotif et spirituel nécessaire pour fortifier les Russes dans leur lutte contre des armées d’Hitler. Par conséquent, dans un des voltes face les plus dramatiques de la politique de l'histoire moderne, Staline a systématiquement tenté d'identifier son régime communiste avec "la Sainte Russie" (et la "Mère Russie"), son héritage antique et le symbolisme qui l’accompagnaient.

Les deux institutions russes aux racines les plus profondément ancrées dans le passé, l'armée et l'église, ont été encensées par des propagandistes de Staline comme jamais auparavant dans l'histoire soviétique. Les accomplissements historiques des armées russes ont été glorifiés. La hiérarchie de l’Église et les distinctions de classes ont été rétablies aux normes d’avant la révolution. Même le journal officiel, la "PRAVDA," a laissé tomber sa devise marxiste, "OUVRIERS DU MONDE, UNISSEZ-VOUS," et lui a substitué un slogan manifestement nationaliste, "MORT À L’ENVAHISSEUR ALLEMAND". La lutte qui a suivi est devenue et est toujours officiellement connue dans l'histoire soviétique comme "LA GRANDE GUERRE PATRIOTIQUE".

Nous voyons donc comment même Josef Staline, un des dictateurs les plus obtus du 20ème siècle, s’est rendu compte que les seules armes militaires conventionnelles n'étaient pas suffisantes pour relever le défi des armées allemandes. En rétrospective, nous pouvons voir que son choix d'utiliser des opérations psychologiques pour augmenter ses forces militaires conventionnelles, s'avérerait jouer un rôle important pour maintenir la survie de son régime communiste pendant tant d'années.

La Guerre du Golfe
La Guerre du Golfe a apporté une dimension entièrement nouvelle à l'utilisation des multimédia dans les opérations psychologiques. La radio et les émissions de TV, les dépliants et les haut-parleurs ont employé les thèmes de la confrérie arabe, de la puissance de l’aviation alliée et de l'isolement irakien pour inciter un grand nombre de soldats ennemis à se rendre. Une des tactiques les plus efficaces a consisté à parachuter des dépliants sur une unité particulière, l'informant qu'elle serait bombardée dans un délai de vingt-quatre heures et qu’elle avait à se rendre pour éviter la destruction. Sur une période de sept semaines, 29 millions de feuillets d’au moins 14 variétés ont été lâchés derrière les lignes irakiennes, atteignant approximativement 98% des 300.000 hommes de troupes.

Le groupe s’occupant des opérations psychologiques a commencé à émettre sur la radio "VOIX DU GOLFE" le 19 janvier 1991. Il a fonctionné sans interruption jusqu’au 1 avril 1991 avec plus de 210 heures de radiodiffusion en direct et 330 heures de programmes pré-enregistrés. Un total de 2072 nouvelles ont été diffusées avec 189 messages des opérations psychologiques.

Naturellement comme lors de certaines autres grandes guerres, l'Irak a choisi d'employer une femme, "Bagdad Betty", pour présenter des émissions de propagande pour décourager et désillusionner leur ennemi. Malheureusement pour l'Irak, ils ont oublié qu'un programme véritablement efficace de guerre psychologique doit avoir l’aval de psychologues cliniques hautement qualifiés "qui se spécialisent dans la dynamique de l’inconscient du comportement et des motivations humains et qui sont bien informés des valeurs et des coutumes de l’autre culture». Une telle compétence est essentielle au choix d'un concept culturellement approprié persuasif et d'un thème basé sur les valeurs", c’est le cœur de n'importe quelle opération psychologique.
Dans une de ses premières émissions, Bagdad Betty a averti les soldats américains à l’écoute que, tandis qu'ils étaient dans le désert de l'Arabie Saoudite, leurs épouses et petites amies dormaient avec Tom Cruise, Tom Selleck et Bart Simpson. C’était assez ridicule de suggérer que nos épouses et petites amies étaient séduites par deux stars de cinéma mais, par manque d’une recherche complète sur la culture américaine, Betty a perdu toute chance de crédibilité en indiquant à nos soldats qu'un personnage de dessin animé pouvait séduire leurs femmes à la maison.

Pendant la Tempête du Désert, 71 équipes tactiques ont produit des appels de reddition, de harcèlement et des bandes de démoralisation. La plupart de ces équipes travaillaient avec des linguistes saoudiens, égyptiens ou koweïtiens pour exécuter des émissions en direct selon les nécessités. Elles ont été également utilisées pour la première fois dans des camps de prisonniers de guerre où des émissions étaient conçues pour accomplir la pacification des prisonniers et renforcer l'autorité de police militaire.

Un des meilleurs exemples de l'utilisation réussie de haut-parleurs s'est produit pendant la guerre du Golfe. La coalition alliée a efficacement isolé, physiquement et psychologiquement, un grand nombre de soldats irakiens sur l'île de Faylaka. Plutôt que de réduire l'île par assaut direct, une équipe tactique des opérations psychologiques a diffusé par haut-parleurs placés à bord d’hélicoptères UH-1N, des messages indiquant à l'adversaire de se rendre le jour suivant, en formation, à la tour de radio. Et le jour suivant, 1.405 Irakiens, y compris un général, ont attendu en formation, à la tour de radio, pour se rendre aux « Marines » sans qu’un seul projectile ait été tiré.
A quel point cette campagne des opérations psychologiques a-t-elle été réussie pendant la Tempête du désert? La Croix Rouge internationale a signalé que près de 87.000 soldats irakiens se sont rendus aux forces de coalition, la plupart portant des dépliants ou les cachant dans leurs vêtements.

Aucune de ces redditions n’a fait couler de sang. Le meilleur témoignage de l'efficacité de opérations psychologiques a été donné par un général irakien quand il a énoncé que: "les opérations psychologiques... étaient une grande menace pour le moral des troupes, presque autant que les campagnes de bombardements."

Conclusions
Dès lors, les opérations psychologiques prennent de l’extension. Nous avons vu, à partir d’exemples historiques, comment les opérations psychologiques tactiques ou stratégiques peuvent contribuer à réduire le moral de l’ennemi et l'efficacité au combat; on peut également les utiliser pour favoriser la dissension et les défections dans les rangs ennemis; pour soutenir des opérations de couverture et de démoralisation; et pour favoriser l'unité, la coopération et le moral de nos propres militaires et ceux de nos alliés, ainsi que pour fournir une aide significative aux groupes et aux communautés moins chanceux.
Ce n’est que grâce aux développements des sciences comportementales que les opérations psychologiques ont pu réellement se développer. De plus, pour de nombreuses personnes, l’utilisation des opérations psychologiques suggère des moyens de communications commanditées par le gouvernement, ne faisant savoir au peuple que ce que le gouvernement veut bien qu'il entende. Pour d'autres, elle soulève le spectre horrible de Joseph Goebbels, ministre de propagande de Hitler, pratiquant la technique du "grand mensonge" qui est erronément devenu synonyme de "propagande". Pour d'autres encore, la seule mention d’opérations "psychologiques" appelle des visions de "commande de l'esprit" par quelques mystérieux moyens de lavage de cerveau.

Il devrait être clair que les opérations psychologiques modernes ne sont rien de tout cela. Au contraire, les opérations psychologiques ne sont en rien différentes de la publicité publique à laquelle nous sommes tous exposés, partout, où que nous allions, chaque jour, dans toutes sortes de mass media. (Note perso : conclusion qui ne vaut rien et argument faux : la pub pousse de gens à acheter des crasses genre coca ou McDo…) Cependant la connotation négative que certains attachent au mot « psychologique » empêche beaucoup de gens d'identifier la simple réalité. Chacun sait que si vous n'avez pas un bon produit à vendre, les gens ne continueront pas à l'acheter, quelle que soit la publicité que vous lui faites. Le même principe s'applique aux points de vue présentés par l'utilisation des opérations psychologiques. Ainsi nous n'avons aucune raison de craindre les opérations psychologiques, mais nous avons des raisons suffisantes de les respecter pour ce qu'elles peuvent accomplir.
Par l'application de techniques psychologiques saines, par des moyens de communication directe ou de mass media, il a maintes fois été démontré que nous pouvons faire appel à l'intelligence, au raisonnement et aux émotions des cibles pour les obliger à penser et à l'agir comme nous le désirons. Si ces personnes tirent sur nous, nous pouvons les persuader de baisser les bras. S'ils nous craignent, nous pouvons les convaincre qu'ils n'ont rien à craindre. S'ils sont belligérants et peu coopératifs, nous pouvons leur montrer la valeur de l'unité et de la coopération. Enfin, le plus important, l'utilisation des opérations psychologiques peut empêcher le carnage, la destruction et la misère inutiles. C'est pourquoi nous disons, avec conviction, que des opérations psychologiques sont vraiment une arme humaine.

Aujourd’hui, les opérations psychologiques représentent une partie essentielle de l’ensemble des activités politiques, militaires, économiques et idéologiques des États-Unis, employées par le gouvernement américain pour atteindre des objectifs nationaux.

Propagande


La propagande est définie par Linebarger (1972) comme n'importe quelle sorte de communication sans moyen violent utilisé pour modifier l'opinion, l'attitude, les émotions ou les comportements de n'importe quel groupe dans le but de favoriser l'utilisateur (militaire ou non) directement ou indirectement. Pour Bloom (1991), il s'agit de stimuli (signe et symbole) qui transportent un message via un média de communication. La plupart des techniques de propagandes actuelle se sont développé aux cours des deux guerres mondiales (Jowett, 1987)

Bien que les méthodes de propagandes et de publicité tendent de plus en plus à se ressembler (études de marché, population cible, etc..), Durandin (1993) la distingue de la publicité par le seul fait qu'elle porte un message politique, idéologique ou d'intérêts publics plutôt que commercial et qu'elle laisse moins de place aux " free will " pour se manifester.

Selon Durandin (1993), la propagande utilise des informations pour exercer une influence sur les attitudes. Ces informations visent à amener une modification du traitement de l'information chez l'individu afin de lui faire percevoir la réalité autrement (Durandin, 1993). Le propagandiste espère modifier la conduite à partir de ce changement de perceptions ou d'opinion. (Durandin, 1993) La propagande a pour but d'exercer une influence sur l'individu ou sur un groupe soit pour le faire agir dans un sens donné ou soit pour le rendre passif et le dissuader de s'opposer à certaines actions (Durandin, 1993). Par sa dépendance envers des informations, la différence entre la désinformation et la propagande est mince.

Bien que pour Bloom (1991) le message véhiculé doit être véridique en majeure partie, le propagandiste peut ajouter de la désinformation à sa propagande soit en ajoutant/inventant des informations confirmant sa thèse ou soit en cachant des informations qui infirme sa thèse. Par contre la propagande se distingue de la désinformation par le fait qu'elle n'est pas toujours mensongère. En effet, dire la vérité est souvent plus simple que de mentir. De plus, selon McLaurin (1982), cela permet de garder la confiance de sa population et de réduire la méfiance de l'antagoniste. D'autre part, la désinformation a l'inconvénient de faire perdre toute crédibilité à l'émetteur si le mensonge est exposé au grand jour.

Suite à l'usage qu'en ont fait Hitler et Staline, la propagande possède maintenant une connotation négative. Certains auteurs (par exemple Fuller, 1920 ; voir McLaurin 1982) la décrivent comme étant une corruption de la raison humaine, un minage de l'intellect, une désintégration du moral et de la vie spirituelle d'une nation par la volonté d'une autre. Il n'empêche néanmoins que l'utilisation de propagande est encore très contemporaine ( message d'intérêts publics sur les paquets de cigarettes, message de Patrimoine Canada, etc.).

Modèle de Tchakhotine

Tchakhotine (1952, voir Volkoff, 1986) en s'appuyant sur la théorie des réflexes conditionnés de Pavlov, ainsi que sur une classification des pulsions humaines a analysé les mécanismes de la manipulation propagandiste. Selon lui, d'une manière générale, le succès de la propagande dépend de l'habileté du propagandiste à associer un des thèmes qu'elle développe à une des quatre pulsions majeures de l'être humain (agressivité, satisfaction matérielle, désir sexuel, amour parental ). L'individu soumis à ces pulsions agirait de façon inconsciente conformément à ce qui lui a été dicté. En étudiant les différentes entreprises de propagande, Tchakhotine fut amené à remarquer l'importance de l'utilisation judicieuse des symboles psychologiques (hymnes, logo, etc.) qu'il considère comme la clef de la propagande. Les symboles fonctionnent non seulement comme un signe de reconnaissance entre individus se réclamant d'une même communauté de pensée, mais aussi comme stimulus conditionnel . Les exemples de propagande ayant recours à un symbole sont extrêmement nombreux . Le symbole frappe et suggère sans informer, il fait appel à l'émotivité. De plus, selon cet auteur, environ 10% de la population (les " actifs ") ne serait pas susceptible a être influencé par la propagande. Pour convaincre ces " actifs " le propagandiste devrait développer des arguments très forts. Par contre, il note que 90 % de la population sont susceptibles à la propagande (les passifs) et que cela est amplement suffisant pour atteindre une majorité.

Propagande fasciste

Clyde Miller (voir Vorkoff, 1986) a établit des lois concernant le bon déroulement de la propagande fasciste:
- suggérer la peur et faire ensuite entrevoir la possibilité d'atteindre la sécurité par les actions suggérées,
- mettre les nouvelles idées en relation avec des idées qui leur sont coutumière pour les faire accepter par les masses,
- avoir un nombre relativement restreint de formules tranchantes et concises afin qu'ils deviennent des symboles,
- sans cesse exposer la population à la propagande,
- appuyer la force à la propagande pour empêcher les autres idées de s'exprimer,
- employer l'exagération et
- adapter la propagande en fonction de l'auditoire auquel ont s'adresse.

Bien que ce type de propagande soit de moins en moins influent à cause des nouveaux moyens de télécommunication, il est intéressant de noter qu'en Italie, présentement, Silvio Berlusconi du parti Forza Italia (voir Almeida, 1995) emploie une bonne majorité de ces techniques pour faire valoir sont parti politique.

Les propagandes varient en fonction de leurs cible. Les propagandes stratégiques sont celles qui visent les populations civiles (McLaurin, 1982). C'est la vision traditionnelle de la propagande. Les propagandes tactiques sont celles qui s'adressent à un auditoire militaire (McLaurin, 1982).

Propagande stratégique
La propagande stratégique (ou guerre politique) concerne les stratégies de communication et de politique nationale ayant pour but de faire la promotion à la population adverse ou alliée que leurs intérêts sont mieux servis avec le pays (McLaurin, 1982). Les objectifs de cette forme de propagande visent à influencer les individus des populations qui ont des attitudes moins extrémistes (les passifs de Tchakhotine) et dont leurs actions peuvent faire une différence (McLaurin, 1982). Les objectifs de la propagande stratégique sont généralement à long terme (changer les attitudes des individus). Elle peut s'allier à la désinformation quand elle tente d'exposer au maximum ses forces, de cacher ses faiblesses et de faire croire que les intérêts du pays vont en fonction du bien-être de l'humanité (Lerner, 1972).

Pour modifier les attitudes à un niveau défensif, le propagandiste expose les avantages de sa politique étrangère tout en cachant ses inconvénients (Lerner, 1972). Les messages transmis visent à influencer l'opinion publique de son pays soit pour justifier les actions du gouvernement, soit pour augmenter le moral de la population ou soit pour favoriser l'appui de la population envers le gouvernement (Lerner, 1972). Afin d'acquérir la vertu et donc le support de sa population, il est important de faire percevoir à celle-ci que les ennemis sont soit des sous-humains, soit le mal incarné ou soit normal, mais mal dirigé (Linebarger, 1972). Le gouvernement peut désinformer la population avec l'aide de la propagande pour :
- éviter de renseigner l'ennemi ou de désinformer l'ennemi par le biais des renseignements donnés à notre population,
- ne pas démoraliser la population en leur donnant de mauvaises nouvelles,
- ne pas réduire la production en leur donnant de trop bonnes nouvelles (" ça ne sert plus à rien de se forcer, on gagne ") et
- pour cacher les crimes de guerres ou les actions moins honorables (Durandin, 1993).

Dans sa version offensive, ce type de propagande permet d'améliorer le succès d'une campagne militaire en brisant la volonté de résister d'une population sans tout détruire dans le pays (Lerner, 1972). Les messages visent à délégitimer les actions de leur gouvernement, baisser le morale et réduire les appuies de la population envers le gouvernement antagoniste (Lerner, 1972). La population ennemie est une cible intéressante car :
- elle influence l'élite aux pouvoirs,
- elle est le moteur principal de production,
- elle peut supporter des groupes subversifs au pouvoir établi et
- elle soutient le moral des soldats en permission (Lerner, 1972).

En aucun cas une propagande ne sera efficace si on attaque l'idéologie d'un système car c'est ce qui donne un sens à la réalité de la masse (Linebarger,1972). Plus un régime est dictatorial, plus il contrôle les communications et moins il tolère que d'autre idéologie soit discutée (Volkoff,1986). Il est important que la propagande ne soit pas trop loin de la construction que la population s'est faite de la réalité (McLaurin, 1982). De plus, pour éviter que les actions coercitives fassent mauvaise publicité, le propagandiste peut affirmer que le conflit n'est pas contre la population mais contre ses dirigeants (Lerner, 1972). Ce processus amène une dissociation population/élite qui divise la société en plus de provoquer des doutes sur leur dirigeant.

Les propagandes stratégique se classifient aussi selon le degré auquel leur source est cachée (Volkoff,1986 ; Durandin, 1993). La propagande blanche est celle qui ne cache pas son origine, tandis que la propagande noire cache son origine et ment quant à la provenance des informations. La propagande blanche est généralement plus efficace en temps de paix, mais en temps de guerre les populations adverses sont plus méfiantes des " propagandes " provenant de d'autres pays. En temps de guerre la propagande noire est beaucoup plus vraisemblable car la population croit que les messages proviennent de source sure et amie (Durandin, 1993). Par contre, Volkoff (1986) affirme que la propagande noire n'est pas sans désavantage :
- elle prend du temps à devenir efficace car le propagandiste doit établir sa crédibilité,
- elle risque de désinformer son propre coté et
- si découvert, ce type de propagande perds toute crédibilité.

Il est important pour se rendre crédible, dans ce type de propagande, d'affirmer plus de vrai que de faux (Durandin, 1993). La propagande noire sert souvent à propager de fausses informations et se rapproche donc énormément de la désinformation.

Propagande tactique
Bien que toute action militaire provoque des réponses psychologiques ( affect de peur, baisse de morale, stress, etc.) intentionnellement ou non , il ne s'agit pas de propagande tactique (McLaurin, 1982). La propagande tactique ou guerre psychologique implique toute forme de communication utilisée pour faire support aux combats et pour modifier le rapport de force par son influence sur les esprits (McLaurin, 1982). Elle supporte soit en:
- informant l'adversaire sur les procédures à suivre pour se rendre ,
- augmentant l'impact des armes puissantes,
- baissant le morale des troupes en faisant croire la défaite inévitable,
- supportant les partisans alliés,
- instiguant du stress ,
- contrôlant les civils (n'allez pas sur la plage, il y a des combats) et
- en contre-attaquant la propagande ennemie en affirmant que s'ils se rendent, les soldats seront bien traités (McLaurin, 1982).

Les objectifs ciblés par une telle pratique sont à court terme, ils ne visent pas un changement d'attitude et, de plus, ils peuvent dans certains cas être en contradiction avec les objectifs politiques (McLaurin, 1982).

Ce type de propagande s'adresse obligatoirement à un auditoire hostile, donc Katz ( voir McLaurin,1982) affirme que la propagande doit être véridique afin d'éviter de perdre toute crédibilité suite a de fausses affirmations. De plus, elle doit être employée conjointement avec l'usage de la force car seul, elle est inutile (Katz, voir McLaurin, 1982). Son usage est limité aux moments victorieux car le message n'a aucune crédibilité si les soldats croient qu'ils ont l'avantage au combat. Katz ( voir MacLaurin, 1982) suggère d'éviter le ridicule car il n'y a pas de place à l'humour au front. Il propose aussi de ne pas teinter le message de saveur idéologique car l'idéologie a peu d'impact dans une situation de survie. Il affirme aussi que les messages essayant d'instiguer la peur sont inefficaces envers des militaires car ceux-ci sont entraînés à contrôler leur peur. Par contre, ils seraient très utiles face à des civils.

La désinformation
La désinformation est une technique complexe et par conséquent difficile à classifier. Elle peut être utilisée en tant qu'action à proprement parler ou bien encore être elle même le support de l'action que ce soit sur un plan offensif ou défensif. Désinformation vient du mot russe "dezinformatzia", qui selon l'encyclopédie russe de 1947 (voir Durandin, 1993) signifie " l'utilisation de la liberté de presse pour manipuler les masses " (p.17). Montifroy (1994) quand à lui, la définit comme "l'usage délibéré de l'information dans le but de fausser la perception de la réalité pour une cible". Elle peut soit viser à tromper un antagoniste; soit chercher à influencer l'opinion publique; soit en usant de persuasion, faire admettre certaines croyances à une cible qui les auraient eues en aversion; ou bien encore utiliser le mensonge et le faire passer pour véridique. D'après Durandin (1993) il s'agirait d'un mensonge organisé permettant à son auteur de favoriser sa politique extérieure en trompant une cible à l'aide de la super-puissance des vecteurs médiatiques.

Vorkoff (1986) va plus loin et affirme que toute information contient de la désinformation, puisque l'individu n'a pas forcément tous les moyens lui permettant de juger de la véracité des prétendues informations. Une information se caractérise par deux éléments: le contenu et la source. Il y a désinformation lorsquau moins l'un de ces éléments manque d'intégrité (Durandin, 1993).

La désinformation en tant qu'action à proprement parler peut soit viser l'opinion d'une population, soit viser à manipuler des dirigeants. Dans le cas d'une population mondiale ou locale, voir les deux; on utilisera les médias de masses comme vecteur de propagation afin d'influencer l'opinion publique (Volkoff , 1986). Opinion publique que l'on utilisera en revanche pour manipuler les dirigeants (Durandin, 1993). La désinformation en tant que support de l'action vise quand à elle au renforcement de l'effet des actions psychologiques entreprises en augmentant leurs impacts ou bien encore en favorisant leurs clandestinités. On notera au passage que la désinformation peut être utilisé tant dans l'esprit de nuire qu'au contraire dans un but bénéfique.

Objets de la désinformation
La désinformation peut porter sur les faits, les intentions, les opinions, les valeurs ou sur les croyances/idéologies : Les faits touchent ce qui peut être observé par plusieurs personnes, que ce soit des comportements ou des situations. Plus les faits sont difficiles à connaître, plus il est facile de les déformer et moins il y a de témoins, plus le fait est propice à la désinformation (Durandin, 1993). Les événements passés et historiques sont donc facilement manipulés. Voici quelques moyens simples de tromper une cible avec des faits (Durandin, 1993):
1- imaginer le futur à la place de la cible : le désinformateur peut présenter une possibilité du futur comme un fait afin d'aviver l'espoir ou pour créer de l'angoisse.
2- présenter des faits dans un format scientifique sans avoir de contenu scientifique est un moyen d'augmenter sa crédibilité en désinformant.
3- utiliser des estimations pour démoraliser l'ennemi à propos de ses performances
4- affirmer des bases idéologiques comme des faits pour donner raison à nos actes

Volkoff (1986) note que la vérité n'est pas toujours vraisemblable et que le mensonge a souvent une apparence plus véridique que la vérité. Une intention est un objet qui peut être facilement dissimulé particulièrement si elle est un projet d'agression (Durandin, 1993). Les moyens de cacher ses intentions sont simples :
1- ne pas en parler,
2- utiliser des termes vagues de façon à provoquer plusieurs analyses possibles,
3- faire semblant de respecter les valeurs d'autrui et
4- faire de faux plans pour ensuite les laisser " découvrir " par son antagoniste (Durandin, 1993).
Le désinformateur peut mentir sur une croyance, une valeur ou une idéologie en faisant semblant d'y adhérer ou de la respecter afin de s'en servir comme couverture pour parvenir à ses fins . De plus, les croyances ésotériques peuvent servir à faire des prédictions qui seront perçues comme des faits et qui renforceront le discours.

Les mesures actives
Les mesures actives comprennent toutes opérations directes visant à influencer les récepteurs (Bloom, 1991). Elles sont habituellement clandestines et exécutées par des services de renseignements (Bloom, 1991). Ces mesures peuvent être des assassinats, de la diplomatie coercitive , du chantage sexuel sur l'élite étrangère, du terrorisme, du soutien financier de partis politiques en dehors du pays, d'infiltration d'organisation de masses , de formation de spécialistes (guérilla/antiguérrilla), de sabotage ou d'aide international (Bloom, 1991).

Plusieurs de ces actions sont très coercitives par nature (par exemple un assassinat) et se trouvent à la limite de l'usage de la force militaire et de l'action psychologique. Ces mesures sont incluses comme actions psychologiques car elles visent une modification de comportements de la part de la cible (individu ou groupe) et non pas sa destruction pure et dure. L'assassinat d'un journaliste dans un pays se fait pour empêcher que les journalistes parlent d'un événement sous peine de mort et non pas dans le but qu'il arrête d'écrire. L'assassinat ne s'adresse pas à la victime mais à tous ceux qui sont similaires à elle. Il est bon de noter que ces mesures plus coercitives sont le fruits d'états n'étant pas démocratiques.

Plusieurs de ces actions sont supportées par la désinformation (cacher la source des actions ou les traces), par contre, les mesures actives n'utilisent pas obligatoirement le mensonge. L'assassinat d'un journaliste pour ne pas que les autres parlent ne contient pas de désinformation dans la mesure où l'état ne cache pas la source de ses actions. Un assassinat sur un journaliste dans un autre pays, que les instigateurs déclarent provenant d'un autre groupe contient de la désinformation.

Les signes
On peut utiliser plusieurs "signes" pour désinformer une cible : la parole, les écrits, les images, les documents vidéo ou cinématographiques. L'utilisation de faux (contrefaçon), qu'il s'agissent de phénomènes, d'actions, ou bien de documents, sera présentée comme spontanée. En utilisant plusieurs signes, on renforce la véracité du mensonge, en augmentant la teneur de son effet de désinformation. Durandin (1993) distingue deux types de mensonges : le premier d'ordre tactique, modifie directement la conduite de la cible. Le second d'ordre médiatique agit sur la cible par l'intermédiaire de son image publique. En plus d'utiliser l'information factuelle pour véhiculer le mensonge, on peut l'étayer de faux phénomènes auxquels la cible sera parfaitement perméable .D'autre part il est possible d'instaurer une échelle de valeur en se basant sur la portée et le poids de la parole et ainsi avoir un langage soutenu mais expurgé d'objectivité; l'accent devant étant mis sur la portée des mots et non sur les données objectives qu'ils sont censés contenir (Durandin 1993).

Le double langage est une forme particulière de désinformation consistant à informer différemment deux groupes distincts n'ayant aucun contact entre eux, au sujet d'un même évènement. Une variante du double langage suppose que les cadres de haut niveau des deux groupes aient l'exclusivité de la vérité (Durandin, 1993).

La photographie a toujours été considérée depuis son apparition comme le moyen le plus fidèle de représenter la réalité. Jusqu'à l'apparition des techniques numériques, le trucage photo nécessitait la mise en oeuvre de moyens très complexes, dont le résultat n'était pas toujours à la hauteur. Avec l'apparition des techniques numériques et des logiciels d'infographie, tout document peut être parfaitement contrefait, qu'il s'agisse de photos, de films, de vidéos, il est désormais possible de créer de toute pièce un document plus vrai que nature (Durandin, 1993).

L'utilisation de faux documents, est beaucoup subtile qu'elle n'y paraît. On peu certes falsifier un document, le cacher voir même le détruire, lui substituer un faux; mais on peut aussi créer un faux dans le but de l'attribuer à son adversaire après avoir créer un "faux phénomène" (que l'on fera passer pour spontané) justifiant sa prétendue découverte (Durandin, 1993). Dans le cas spécifique du document écrit sans témoins, on peut se laisser systématiquement une porte de sortie, en déformant tout simplement sa propre signature. Ainsi en cas de contestation ultérieure, il sera toujours possible d'affirmer en" toute bonne fois" n'avoir jamais signé; et laisser supposer qu'il s'agisse d'une fausse signature émise par vos adversaires. Quels qu'en soient les buts, les "faux" peuvent être soit utilisés à des fins tactiques, influençant directement le comportement de la cible; soit à des fins médiatiques, visant à nuire à sa réputation.


Les opérations
Entendons par "opérations" l'ensemble des techniques mises en oeuvre pour altérer la perception de la réalité. Le désinformateur les choisira en fonction de ses besoins et des moyens mis à sa disposition. Il peut choisir d'utiliser certains éléments, comme il peut au contraire décider de les dissimuler suivant l'effet escompté (Durandin, 1993). Il peut également décider de jouer sur l'intensité des opérations engagées; soit en cherchant à minimiser l'impact de certains faits par le truchement de l'omission, de la négation, voir de la suppression de ces derniers; soit au contraire en cherchant a les maximiser en utilisant des exagérations, voir des mises en scènes. On notera qu'il est tout à fait possible de combiner les deux afin d'accroître l'importance de certains évènements, tout en minimisant certains autres. Le désinformateur est susceptible d'inventer les éléments dont il aurait manqué pour soutenir sa thèse. L'opération la plus simple à mettre en oeuvre car la moins contradictoire est l'omission (Durandin, 1993).

On peut aussi utiliser la "surprésentation" pour donner l'illusion à la cible de participer à la situation. Il suffira alors de noyer en temps réel, l'information principale que l'on cherche à masquer, sous un flot considérable d'informations superflues (Durandin, 1993). Pendant la guerre du Golfe, cette technique fût largement utilisée par CNN, chaîne qui devint même le plus grand vecteur de désinformation de cette guerre (Durandin, 1993). On y contrôla les journalistes (McCormack, 1995) et les informations diffusées (Rakos, 1993).


Les canaux
Les canaux sont les moyens utilisés pour transmettre la désinformation. Certains canaux visent la population dans son ensemble, tandis que d'autres ciblent des groupes spécifiques (Durandin, 1993). Les canaux qui touchent la population dans son ensemble sont : les médias de masses (presse, radio, films, télévisions, etc.), les communications informelles (rumeur, conversation), les organisations de masses (ONG, groupes communautaires), manifestation culturelle (fête, sports) ou des mouvements de masse ( mouvement écologique, pacifique, etc.). Les canaux qui ciblent des groupes spécifiques sont des périodiques spécialisés, des organisations professionnelles (congrès, etc.), des signes prétendus confidentiels, personnes influentes ou des agents d'influence (membre des services de renseignement). Les destinataires peuvent être atteint par plusieurs canaux ce qui augmente la crédibilité de la désinformation (Durandin, 1993).

En plaçant les actions psychologiques sur un continuum partant d'un extrême communication (propagande) et de l'autre un extrême opération directe (mesure active). L'usage des médias de masses à des fins de désinformation transpose celle-ci aux limites de la propagande tandis que l'usage d'agent d'influences aux limites des mesures actives. Les médias sont considérés par tous les auteurs comme une cible de premier choix pour la désinformation à des fins offensives ou défensives (Durandin, 1993 ; Volkoff, 1986 ; Montifroy, 1994). L'utilisation de journalistes est utile car :
- ils n'ont pas toujours le temps de vérifier leurs sources à cause du milieu
extrêmement compétitif de leur emploi,
- ils sont facilement influençables (chantage, corruption),
- ils sont crédibles et
- ils ont accès à de vastes moyens de diffusion (Durandin, 1993).
Cette situation est le propre des sociétés permettant la liberté d'expression. Les sociétés ne laissant pas cette liberté sont à toute fin pratique immunisées contre la désinformation offensive (Volkoff, 1986).
Les journaux peuvent être un moyen de désinformation en temps de paix soit:
- en imitant un journal existant contenant de fausses nouvelles,
- en créant ou achetant un journal afin de présenter sa vision des choses,
- en subventionnant secrètement un journal,
- en utilisant des agents d'influence sur un journaliste ou
par l'entremise de publi-propagande payée dans un journal à grand tirage (Durandin, 1993).

Les ondes radios ne sont pas soumises aux frontières entre les états. La désinformation peut se faire :
- en émettant à partir d'un poste radio d'un autre pays,
- en utilisant une onde très proche d'une station existante ou
- en achetant une radio existante en temps de paix (Durandin, 1993).

En temps de guerre la radio peut servir à démoraliser l'adversaire
- en lui donnant de fausses mauvaise nouvelle,
- en excitant les ennemis de nos ennemis ou
- en donnant de vraies informations militairement tactiques pour ensuite donner de fausses informations afin de tendre une embuscade (Durandin, 1993).
Ce type de diffusion est associé à la propagande noire. Aucun poste de télévision n'a été jusqu'à ce jour considérer noir, par contre le contenu de certaines émissions aurait put être influencé par certains agents occultes (Durandin, 1993).
L'acteur désinforme dans un journal ou une radio soit:
- en ne présentant que des nouvelles fausses pour lesquelles l'auditeur ne peut vérifier,
- en sélectionnant que des nouvelles allant dans le sens de ses intentions,
- en mélangeant des informations véritables et des informations fausses,
- en " commentant " des informations vraies,
- en exposant des nouvelles vraies avec des preuves concrètes dans un contexte qui en changent le sens,
- en grossissant et défigurant les informations vraies afin de susciter des sentiments forts chez les auditeurs,
- en donnant une répartition inégale de la longueur et de la qualité des informations,
- en habillant une information fausse avec un fait réel et
- en donnant l'information sans conclusion de façon à ce que l'auditeur fasse lui-même la conclusion qui s'impose (Durandin, 1993). Remarquez que certains journalistes utilisent ces techniques pour présenter leurs points de vue sans que cela paraisse.

Assassinats et intoxication

Assassinat
Un assassinat comme mesure active peut servir à :
- renforcer la perception des capacités militaires et de la volonté politique d'un groupe paramilitaire ou rebelle,
- tuer clandestinement certains de ses alliés pour ensuite condamner publiquement les "massacres" de son adversaire et ainsi prendre du capital politique,
- induire la peur à une élite scientifique ou corporative pour les empêcher de collaborer avec l'adversaire,
- assassiner un média afin de forcer les autres journalistes à ne pas aborder une question du problème et
- dans une dictature, utiliser l'assassinat pour instiguer la peur et maintenir le pouvoir (Bloom, 1991).

L'intoxication
L'intoxication (ou désinformation tactique) est une autre forme de mesure active qui consiste à implanter de fausses informations dans les services de renseignements ennemis par l'entremise d'un intoxicateur (généralement un agent double) (Volkoff, 1986). Cette mesure consiste à faire croire aux dirigeants ennemis ce qu'il faudrait qu'il croit pour courir à sa perte soit sur le plan politique ou sur le plan militaire (Durandin, 1993). L'intoxication la plus efficace fut faite par les nazis envers Staline (Durandin, 1993) avant la deuxième grande guerre, en lui laissant croire que la majorité de l'état-major russe conspirait contre lui. Plus de 80 % des hauts gradés russes furent fusillés avant la guerre.

La subversion
La subversion est une action qui regroupe l'ensemble des moyens psychologiques ayant pour but le discrédit et la chute du pouvoir établi sur des territoires politiquement ou militairement convoités (Volkoff, 1986 ; Durandin, 1993). Elle vise à susciter un processus de dégénération de l'autorité pendant qu'un groupe désireux de prendre le pouvoir s'engagera dans une guerre "révolutionnaire" (Mucchieli, voir Volkoff, 1986). Un état peut utiliser la subversion afin de créer le chaos dans un pays étranger soit pour des raisons politiques ou militaires . Elle est la base du terrorisme et de la guérilla.

Les objectifs de la subversion sont :
1-démoraliser la population et désintégrer les groupes qui la composent,
2- discrédité l'autorité et
3- neutraliser les masses pour empêcher toute intervention générale en faveur de l'ordre établi (Mucchieli, voir Volkoff, 1986).
La subversion utilise les médias de masses pour manipuler l'opinion publique par l'entremise de la "publicité" que les nouvelles lui accordent après des actions spectaculaires (Mucchieli, voir Volkoff, 1986). Cette publicité survient car elle provoque chez l'auditeur un changement perceptuel envers les antagonistes comme une forme d'identification à l'agresseur (Mucchieli, voir Volkoff, 1986). Les autorités sont perçues de plus en plus faibles et irresponsables, tandis que les agents de subversion paraissent plus puissants et plus convaincus de leur cause (Mucchieli, voir Volkoff, 1986). L'opinion publique vacillera un jour du côté des agents subversifs . Sans oublier que les groupes subversifs peuvent utiliser la désinformation et la propagande dans les journaux et les radios leur appartenant pour renforcer la manipulation de l'opinion publique.

De plus, pour atteindre des groupes clefs, les agents subversifs peuvent utiliser plusieurs techniques en plus de la manipulation des médias de masse: 1- intensifier les revendications légitimes, les besoins ou l'idéologie des groupes désignés,
2- forcer un sous groupes se présentant comme le champion des intérêts du groupe (modèle) à faire des actions directes,
3- mobilisation du groupe s'il y a attaque perpétrée contre un membre du groupe et finalement,
4- la technique provoquation-répression-appel à l'unité contre la répression (Mucchieli, voir Volkoff, 1986).
Cette dernière technique se fait en quatre temps :
1 acte de brigandage pour forcer l'autorité à être répressive,
2- répression de l'autorité que l'acteur doit faire percevoir comme une menace collective pour le groupe,
3- augmenté le niveau de violence des actions afin d'augmenter la répression de façon circulaire et
4- appel au front commun contre la répression en culpabilisant l'autorité et en justifiant les actes de brigandages du départ (Mucchieli, voir Volkoff, 1986).

Conclusion
Les façons d'influencer les adversaires sans utiliser de forces militaires n'ont pas si changé depuis Sun Tzu. L'action psychologique reste une alternative pour les états tentants de s'imposer en relation internationale que ce soit par l'utilisation de propagande, par la désinformation ou par des mesures actives. L'annexe 1 synthétise les principales techniques de chacune des trois catégories en fonction de leur nature soit offensive ou défensive et selon qu'elle s'adresse à une élite, à la population, aux militaires ou à des groupes/individus influents.

Bloom (1991) remarque que l'actions psychologiques est un sujet difficile à analyser parce qu'elle est difficile à identifier clairement à cause de sa nature clandestine. Selon lui, les auteur qui l'aborde présente plutôt leur jugement moral qu'un bagage de connaissance. De plus, les analyse rigoureuse de ce phénomène sont rarement publié dans des périodique civil. Si il y a des recherche systématique sur une forme d'action psychologique, les résultats sont gardés top-secret.

L'arrivée de l'informatique offre énormément de nouvelle possibilité aux actions psychologiques. En partant avec la prémisse que l'information est devenue une source de puissance et que nous sommes devenus tout à fait dépendant des systèmes informatiques, Schwartau (1993) décrit une nouvelle façon de faire la guerre, l'infoguerre. Il s'agit de toutes formes d'actions prises pour avoir une supériorité informationnelle soit en affectant les informations adverses, les processus basés sur l'information ou les systèmes informatiques (Schwartau, 1993). Toute son oeuvre présente de nouvelles techniques de désinformation et de mesures actives propre à la crise qu'engendre l'explosion des technologies de l'information. La mesure active primaire de son oeuvre est le piratage informatique qui peut être utilisé à des fins de sabotage, de criminalité ou de recherche d'informations confidentielles. De plus, parce que les gens croient qu'un ordinateur est un outil ne pouvant pas se tromper, l'autoroute de l'information devient un excellent lieu pour faire une désinformation afin de briser la réputation d'un individu en modifiant certains dossiers confidentiels peu protégés (crédit, dossier judiciaire, etc.).

"L'usage efficace des moyens de communication constitue d'une façon générale un élément central pour la propagande et la désinformation. Le développement de réseaux informatiques mondiaux amplifie par son échelle, par sa puissance ainsi que par l'absence actuelle de toute législation internationale, le pouvoir de diffusion de toute forme de propagande / désinformation mais il est aussi une ligne de défense contre ceux-ci en laissant à tous une possibilité de s'exprimer." (propagande, article d'Encarta ; Microsoft, 1997) Ce travail a mis l'emphase sur les actions gouvernementales, mais une compagnie privée peut tout à fait utiliser certaines de ces techniques. Certaines formes de publicité se rapprochent de la propagande car elles ne visent pas à inciter un individu à acheter un produit mais à faire percevoir à la population que leurs actions sont pour le bien-être de tous. D'autre part, la désinformation scientifique peut empêcher un concurrent de faire des recherches sur certains terrains. Un spéculateur peut partir de fausses rumeurs ou faire sauter des bombes pour essayer faire baisser un titre à la bourse. De plus, les nouvelles armes de l'infoguerre offrent de bons moyens d'actions directe pour une compagnie (espionnage industriel, sabotage informatique, etc.).

Comme l'affirme Bloom (1991) " Influence techniques will be perceived as more important by all who seek power. With worldwide increases in interdependance, communications technology, and the lethality and sophistication of weapons, propaganda and active measure will become more cost-effective and even more morally appealing " (p.708).

Bibliographie
ALMEIDA, F., D., Images et Propagande : xxe Siècle, Firenze, Casterman-Giunti Gruppo Editorale, 192 p.

BLOOM, W., R., Propaganda and Active Measure ; chapitre du livre de GAL, R. & MANGELSDORFF, A., D., Handbook of Military Psychology, New york, Jonh Wiley & Sons Ltd, p 694-709.

DELAUNAY, J., La foudre et le cancer : face à l'atome et à la subversion la guerre se gagne en temps de paix. Paris, Éditions Pygmalion/Gérard Watelet, 1985, 247 p.

DURANDIN, G. , L'information, la désinformation et la réalité., Paris, Presses universitaires de France, 1993, 296p.

JOWETT, G., S., Propaganda and communication : The Re-emergence of a research tradition., Journal of communication, Winter 1987, p. 97-114

LERNER, Daniel, Propaganda in war and crisis, New York, Arno Press, 1972, 500 p.

LINEBARGER, Paul, Psychological warfare, New york, Arno Press,1972, 318 p.

McCORMACK, Thelma, Studies in communication : The discourses of war and peace, London, Jai Press inc., 1995, 214 p.

McLAURIN, Ron, Military propaganda : Psychological warfare and operation, New York, Praeger Publishers, 1982, 379 p.

MICROSOFT, Propagande, article dans l'Encyclopédie Encarta, 1997

MONTIFROY, G. A., Géopolitique International, Montréal, science et culture, 1994, 292 p.

RAKOS, R., F., Propaganda as stimulus control : The case of the Iraqi invasion of Koweit., Behavior and social issues, vol 3, 1993, p. 35-61.

SCHWARTAU, W., (1994), Chaos on the Electronic Superhighway : Information Warfare, Thunder's Mouth Press, New York, 432 p.

TOFFLER, A.; TOFFLER, H., Guerre et contre guerre: survivre à l'aube du XXIe siècle, Paris, Fayard, 1994.

VOLKOFF, V., La désinformation arme de guerre, Édition Julliard/L'Age d'homme, 1986, 275 p.

WATSON, Peter, War on the mind : The military uses and abuses of psychology, New York, Basics Books, 1978, 533 p.

cliquez sur annexe pour acceder au tableau strategique de manipulation:
Annexe


MOYENS TECHNOLOGIQUES DE MANIPULATION

Psycho technologies
(Capturez leurs esprits, leurs cœurs et âmes suivront)

EXEMPLES DE LEGISLATION CONCERNANT LES NOUVELLES TECHNOLOGIES. Préparation de proposition de loi russe et les textes législatifs qui en ont résultés.
Traduction de quelques passages d'un livre écrit par un ancien militaire et Député de la Douma russe, V. Lopatin, en collaboration avec un scientifique expert en ordinateur neuronaux, en vue de proposer la mise en place d'une législation réglementant les "psycho-technologies".

V. Lopatin, V. Cygankov: "Les armes psychotroniques et la sécurité de la Russie"
Maison d’édition : SINTEG, Moscou, Fédération Russe, 1999 (ISBN 5-89638-006-2-A5-2000-30)

Chapitre 7 - Problèmes législatifs et les armes psychotroniques (p 106 à 126)
Nous pensons qu' une législation fédérale appropriée est nécessaire. A la suite des nombreuses requêtes du Comité moscovite sur l’écologie de l’habitat, se rapportant aux expérimentations de type psychotroniques menées sur la population, qui avaient été adressées au bureau du Procureur, les services du procureur de Moscou sont restés réservés dans leur courrier N° 32-7-15-97 du 7 avril 1997 et se sont déchargés du problème :
- les „informations correspondantes“ ont été transmises au bureau du Procureur Général de la Fédération Russe et ce faisant les services ont malgré tout reconnu que "les documents présentés attestaient de la nécessité de mettre en place un contrôle légal de la recherche dans ce domaine."
Il n’existe cependant pas de législation en ce qui concerne la question mentionnée ci-dessus. Par conséquent le bureau du Procureur n’est pas à même d’assurer de quelque façon que ce soit la défense des droits des citoyens qui subissent les effets des technologies psychotroniques.“

Depuis les années 70, des projets de recherche sont en développement dans les meilleurs laboratoires du monde entier : aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie, au Japon, en Israël, Chine etc. Dans un rapport sur ces recherches publié aux Etats-Unis par le Comité de "l'American Society for Physics" on trouve en conclusion que des systèmes d’armes similaires (systèmes d’armes psychophysiques) pourraient être efficacement utilisés pour résoudre un grand nombre de missions militaires. Ils peuvent être utilisés pour la construction de nouvelles méthodes et moyens militaires comprenant la construction d'une arme stratégique nouvelle génération (l’arme informationnelle pour la guerre de l’information).

note 3: sur ce sujet voir : les travaux des audiences parlementaires "Menaces et défis dans le domaine de la sécurité de l’information," Moscou, Juillet 1996, l’arme informationnelle en tant que menace pour la sécurité Nationale de la Russie (Rapport analytique du SVR de la Fédération Russe, Moscou 1996),
A qui appartiendra l’arme pour neutraliser les consciences au 21e siècle ?
Moscou, 1997, V.N. Tsygichko, G.L. Smolian, D. Ts. Chereshkin - "l’arme informationnelle facteur géopolitique et instrument du pouvoir politique," Moscou, 1997.../

Ces faits prouvent qu’il est nécessaire de travailler à une législation nationale aussi bien qu’internationale afin de protéger le psychisme humaine contre les effets d’informations subliminales destructives.

7.2 Le concept de la sécurité informationnelle et psychologique et les particularités de sa mise en oeuvre sont entendus comme une condition qui garantirait la protection du psychisme humain contre les effets informationnels destructeurs (c-à-d l’instillation d’informations destructrices dans la conscience ou le subconscient de l’être humain, entraînant une perception inadéquate de la réalité).

Note 3 - Lopatin, V.N. Comment garantir la sécurité du traitement de l'information par le psychisme chez une personne (procès-verbal de la table ronde sur la protection de l'information psychologique de la personnalité lors du Conseil de la Fédération Russe, le 27 janvier 1995).

La protection de l'information psychologique apparaît comme l’élément fondamental de la sécurité de l’information et doit occuper une place toute particulière dans la politique de l’Etat visant à la garantir. C’est dû à la spécificité des menaces et de leurs sources, au caractère particulier des principes et du travail de réalisation de la politique de l’Etat dans ce domaine.

Note 5 - à ce sujet, v. également le projet sur la „Conception de la protection de l'information psychologique, par l’Institut de psychologie de l’Académie des Sciences Russe, Moscou, 1995.

Les sources de menaces potentielles dans le domaine de la protection de l'information psychologique se révèlent être :
- Les sources d’information
- Les programmes d’EVM
- Les générateurs de champs physiques et de radiations

Les principales menaces pour la protection de l'information psychologique semblent être :
- le fait de bloquer au niveau subliminal la liberté de décision des êtres humains, d’induire artificiellement un syndrome de dépendance.
- La recherche, construction et utilisation de moyens techniques spéciaux de programmation afin d’obtenir des effets destructeurs sur le psychisme humain.
- La manipulation de la conscience collective sociale au moyen de techniques particulières.
- La destruction de l’espace informationnel et spirituel, qui était indivisible à l’origine en Russie, ainsi que des fondations traditionnelles et de la morale de la société.

L’activité, dans le domaine de la protection de l'information psychologique doit être construite selon les principes qui suivent :
- La priorité aux droits de l’homme dans le domaine de l’information et l’assurance que l’Etat garantisse la jouissance de ces droits.
- Contrôle par l’Etat et les citoyens de la construction et de l’utilisation de techniques ayant des effets spécifiques sur le psychisme humain.
- Monopole de l’Etat concernant le développement de moyens et méthodes permettant des effets informationnels subliminaux.
- Obligation d’obtenir une licence [...] pour exercer toute activité ayant un lien avec l’utilisation de moyens et méthodes d’influence subliminale sur le psychisme humain et obligation de certification.
- Mise à disposition d’expertise psychologique [...]
La garantie de la protection de l'information psychologique apparaît comme la tâche la plus importante de l’Etat, c’est pourquoi il faut mettre en place des garanties par l’Etat assurant la protection des personnes contre les effets informationnels destructeurs.

L’Etat doit garantir :
- qu’il ne sera pas possible de soumettre le psychisme d’une personne à une quelconque influence informationnelle subliminale (y compris l’hypnose) sans le consentement de cette personne sauf cas prévus expressément par la loi [...]
Les moyens de communication de masse ne pourront pas être utilisés comme des instruments servant à réaliser [...] des objectifs d’influence informationnelle destructive destinée au psychisme de l’homme.
- Le gouvernement de la Fédération Russe s’assurera que les citoyens, les organisations, les agences détenant un pouvoir de décision et les gouvernements locaux seront informés de la possibilité d’employer contre la population des techniques d’influence informationnelles destructives et subliminales.

7.3 Le système de l’Etat destiné à garantir la sécurité de l’information psychologique
L’expertise psychologique doit être une expertise officielle effectuée uniquement par les agences nationales qui devront être habilitées à réaliser cette étude par le gouvernement de la Fédération Russe. L’expertise psychologique pourra être effectuée sur ordre des institutions chargées de garantir la sécurité de l’information psychologique ou bien à la suite de demandes de citoyens ou de personnes ne possédant pas la nationalité.
Si l’expertise psychologique permet de déterminer que le psychisme a subi une influence informationnelle destructive entraînant une perception inadéquate de la réalité par la personne soumise à ce type d’influence, il est nécessaire de mettre en place une assistance médicale conformément à la législation existante. Une indemnisation pour les dommages et les pertes accompagnée d’une réhabilitation sociale des personnes souffrant d’influence informationnelle destructive pourra être obtenue dans le cadre d’un procès.


Proposition de Loi sur les psycho technologies

Ces initiatives ont entraîné l’élaboration d’une proposition de loi mentionnant de manière détaillée les armes étudiées par Vladimir Lopatin.

Assemblée Fédérale - Parlement de la Fédération Russe
Douma gouvernementale
Comité sur la sécurité
Décision du 30 novembre 2000 N° 28/3
Au sujet de la proposition de loi fédérale "sur les armes“

Après lecture de la proposition de loi fédérale, le Comité pour la sécurité de la Douma d’Etat a décidé :
- De recommander que la Douma gouvernementale adopte la proposition de loi fédérale „au sujet de l’ajout d’un amendement à l’article 6 de la loi fédérale „sur les armes“ en première lecture.
- D’appointer un deuxième porte-parole conformément à la directive sur les propositions de loi du Député de la Douma d’Etat Victor Ivanovich.
- D’approuver la présente résolution comprenant le texte de la propostion de loi et tous les documents qui s’y rapportent afin de l’inclure dans le procès-verbal de la séance plénière de la Douma d’Etat du 20 décembre 2000.
Porte-parole du Comité
A.I. Gurov
9[m] 1053 CN dimanche 25 septembre 2000, 17h36 page n° 1(1)

RESOLUTION
La proposition de loi suggère d’ajouter un amendement à l’article 6 de la loi fédérale „sur les armes“ qui interdirait sur le territoire de la Fédération russe, la circulation d’armes ou autres objets, dont le mode opératoire offensif serait basé sur l’utilisation de radiations électromagnétiques, d’émissions d’infrasons ou d’ultrasons, tant dans un cadre civil que militaire.
Les avancées de la science contemporaine dans le domaine des technologies de l’information et des psycho-technologies rendent possible la conception de moyens et méthodes pour influencer secrètement et à distance les psychismes et la physiologie d’une personne ou d’un groupe de personnes.
Il existe une vaste gamme de dispositifs ayant la capacité d’altérer les capacités mentales d’une personne, de programmer son comportement, de neutraliser les réactions adéquates et de favoriser artificiellement des symptômes de dépendance.
L’influence audio-visuelle est réalisée par le biais de canaux optiques ou auditifs. Des stimulations très faibles à un seuil très bas qui ne sont pas perçues consciemment sont instillées profondément dans le subconscient pour orienter la façon de penser et de se comporter d’une personne sur un mode prédéterminé.
Avec l’aide d’ultrasons ou les influences mécaniques d’une gamme étendue de fréquences supérieures à 100 Hz, que la personne ne remarque pas, il est possible d’exercer une influence sur les structures mentales du système nerveux, qui entraînera douleurs dans la tête, étourdissements, une détérioration de la vision et des fonctions respiratoires, et des convulsions qui peuvent avoir pour résultat des évanouissements.
L’utilisation d’infrasons (très basses fréquences, plus bas que 16 Hz) de faible intensité (environ 120 décibels) provoque des nausées, des tintements d’oreille, la détérioration de la vision et des souffrances généralisées. Les ondes acoustiques d’intensité moyenne (jusqu’à 130 décibels) peuvent détraquer le système digestif et le cerveau, entraînant des paralysies et parfois la cécité. Les effets des infrasons d’une intensité de 130 décibels et plus peuvent provoquer un arrêt cardiaque chez le sujet.
Sous l’influence de radiations à des fréquences extrêmement élevées (UHF), apparaissent des altérations dans la façon d’interpréter la réalité, de la lassitude, des vertiges, des maux de tête et des douleurs au coeur; le cerveau et le système nerveux central peuvent également être endommagés. Pour la transmission de ce type d’ondes, on peut utiliser en tant qu’antenne émettrice, des équipements téléphoniques, les conduites de chauffage et le tout-à-l’égout, les télévisions, et les systèmes de prévention d’incendies (conduites d’eau, systèmes d’arrosage).
Dans le monde entier pratiquement, les recherches sur les „méthodes cachées pour influencer le psychisme humain“ sont considérées comme une priorité élevée et prennent place dans la catégorie des technologies les plus importantes du XXI siècle. Les agences de renseignement du gouvernement introduisent dans leur doctrine militaire des articles sur la priorité d’employer en première ligne -lors de conflits régionaux- des armes non létales qui permettent de remporter la victoire avec un nombre minimum de pertes, non seulement chez les troupes amies mais aussi chez les troupes ennemies.
A l’initiative des Etats-Unis et dans le cadre de l’OTAN, un groupe de travail spécial a été créé en Grande-Bretagne, France, Allemagne, et Danemark pour la coordination des développements dans ce domaine dans la perspective de l’utilisation des dispositifs non létaux. Des générateurs ont été créés à l’Institut des Technologies Chimiques de Frankfort (Allemagne), destiné au contrôle des foules et des émeutes. La capacité de pénétration des derniers systèmes français permet non seulement de traverser le béton et les blindages mais aussi de faire tomber en panne les appareils très rapidement. Selon des rapports sur les moyens de la guerre de l'information, l’armée britannique a mené en Irlande du Nord en 1995 des tests sur le terrain d’armes non létales destinées à disperser les foules. On dispose également d’informations concernant l’utilisation d’armes électro-magnétiques contre des sujets yougoslaves en 1999.
La création de dispositifs à infrasons offensifs a été déclarée prioritaire aux Etats-Unis par rapport aux autres développements d’armes non létales. Selon une étude d’experts, l’armée américaine est capable d’arrêter à une distance de plusieurs centaines de mètres de la côte un porte-avion ennemi grâce à des générateurs d’UHF. D’après une estimation de l’Institut international suédois pour les recherches sur la paix (SIPRI), les dépenses américaines pour le développement et l’acquisition d’armes non létales va dépasser le milliard de dollars dans les deux prochaines années.
Actuellement, la loi Fédérale „sur les armes“ interdit dans un cadre civile et militaire la circulation d’armes ou d’autres objets, dont l’aspect offensif réside dans l’utilisation de rayonnements radioactifs et l’exploitation de facteurs biologiques mais elle ne couvre pas le développement des technologies de l’information psychologique, dont les applications permettent d’influencer insidieusement le psychisme et la physiologie des gens. Ceci a conduit le Congrès Russe à envisager d’ajouter un addendum à la loi Fédérale „sur les armes“, qui couvrirait les caractéristiques mentionnées précédemment. Ceci n’enlèvera pas sa force à la loi déjà existante et maintient entièrement la même orientation, c’est-à-dire la sauvegarde des vies et de la santé des citoyens et la garantie de la sécurité publique.
Sur la base de ce qui est inclus, il est proposé que la proposition de loi Fédérale „sur l’ajout d’un addendum à l’article 6 de la loi Fédérale „sur les armes,“ introduite par l’Assemblée de la Région de Krasnojarskii, soit adopté en première lecture.
Porte parole du Comité
A.I Gurov

Remarque du CAPT :
Cette proposition de loi a donné lieu à la loi N°103-F3 du 26 juillet 2001 qui ne contient plus tous les descriptifs et les remarques contenues dans la proposition de loi. Ce que les comités scientifiques qui participent à l’élaboration de la loi avec les Comités qui ont introduits la loi n’est semble-t-il pas aussi facilement accepté par d’autres parlementaires qui vont finalement votre la loi. Probablement parce que des lobbies interviennent auprès des parlementaires pour orienter leurs choix et décisions au cours des lectures suivantes. On peut donc supposer qu’il est admis que ce qui est décrit dans ces documents est techniquement possible mais que lors des débats plus politiques des groupes de pression se chargent de faire disparaître les références trop précises concernant ces dispositifs ce qui empêchent le débat de sortir des cercles privés des milieux d’influence.

Loi Fédérale“ sur les armes“ N° 103-F3 du 26 juillet 2001
Article 6 :

Etablissant les règles de circulation de l’armement civil et militaire :
Sont interdites à l’intérieur du territoire de la Fédération russe :
- les armes et autres objets, dont le mode opératoire offensif est basé sur l’utilisation de radiations électromagnétiques, optiques, thermiques, acoustiques (infrasons et ultrasons), dont les paramètres d’émission dépassent la puissance autorisée par les normes gouvernementales de la Fédération Russe et excèdent également les niveaux correspondants à ces radiations, fixés par les organes gouvernementaux fédéraux du Ministère de la santé; sont aussi interdites les armes et objets décrits qui ont été fabriqués en dehors des frontières du territoire de la Fédération russe.

MANIPULATION DES EMOTIONS ET DES ETATS DE CONSCIENCE

INTRODUCTION
Ces recherches sont en partie classifiées mais en partant de la recherche civile on peut arriver à une compréhension de certains aspects du phénomène. Les dispositifs mentionnés utilisent des ondes acoustiques ou/et des basses fréquences pour entraîner le cerveau à adopter la fréquence ou l’activité cérébrale souhaitée, les messages subliminaux viennent renforcer l’incitation à modifier le comportement.
Résumé des premières découvertes en sciences civiles et citations diverses sur le sujet :
En 1973 Dr Gerald Oster a découvert un phénomène particulier à l'école de Médecine du Mont Sinaï à New York. Dr Oster avait étudié les effets des ondes sonores sur le cerveau. Il a découvert que faire entendre grâce à des écouteurs, deux tonalités différentes séparément à chaque oreille, faisait émettre le cerveau à une fréquence obtenue en faisant la différence entre les deux tonalités, par exemple si l'oreille gauche reçoit une fréquence de 400Hz et l'oreille droite une fréquence de 406Hz on trouvera une activité dominante de 6Hz sur l’EEG (électroencéphalogramme). Il a appelé ce phénomène : battements binauraux. Robert Monroe, fondateur de l'Institut Monroe des sciences appliquées en Virginie, a mené d’autres études sur ces phénomènes et a découvert des combinaisons particulières de tonalités et fréquences qui produisent des effets spécifiques chez l'homme. Sur les milliers de combinaisons de fréquences possibles qui pourraient être reproduites, Monroe et son équipe en ont sélectionné cinquante trois qui avaient des effets très positifs sur le cerveau. Monroe a fait breveter ce procédé en 1975, en l’appelant RAF Réponse d’Adoption de Fréquence ou FFR (Frequency Following Response). Monroe a également développé une série de cassettes, utilisant les combinaisons de fréquences que lui et son équipe ont découvertes. Il a appelé la série HemiSync, pour Synchronisation des Hémisphères.

Par ailleurs, lors d’une conférence sur les armes non létales, organisée par le Procureur Général des Etats-Unis en 1996, un participant a fait la déclaration suivante : "la connaissance scientifique de la physiologie humaine progresse au point qu’il sera bientôt possible de cibler des systèmes physiologiques bien précis avec des fréquences spécifiques d’irradiation électromagnétique pour produire des effets beaucoup plus subtils et précis que ceux produits par la conduite photique (lumières stroboscopiques provoquant la synchronisation / l'entraînement du cerveau)."
La conduite photique ou acoustique fonctionne sur le principe décrit ci-dessus et est utilisée par les entreprises qui commercialisent des cassettes (souvent de qualités inégales) permettant de se relaxer, de s’arrêter de fumer ou de boire. En partie en raison de ces différences de qualité et en partie en raison d’une certaine désinformation, l’efficacité de ce phénomène, étudié marginalement par les scientifiques, a longtemps été un peu controversé mais des études récentes confirment qu’il est bien réel.
L’étude du phénomène par Olivier Couturier et Bertrand Morisset dans leur livre „Subliminal - viol des consciences“ confirme que les messages contenus dans les cassettes subliminales commercialisées sont d’autant plus efficaces que le message adéquat est envoyé au bon moment. De plus si la technique d’encodage du message subliminal est maîtrisée, il est prouvé que ces informations seront traitées par le cerveau et influenceront le comportement. Dans la revue Sciences et Avenir de novembre 1998, Stanislas Dehaene chargé de recherche à l’Inserm (U334), CEA Orsay confirmait ceci : „Grâce à l’imagerie cérébrale, nous avons observé que des chiffres projetés très brièvement activent, inconsciemment, chez le sujet toute une cascade de traitements. L’information subliminale semble parcourir tout le cerveau et activer les mêmes régions que celles déclenchées par une information consciente, de la perception visuelle à la fonction motrice. C’est une surprise, un grand nombre de processus cérébraux peuvent donc être mis en branle sans que nous nous en rendions compte.“

BREVETS
Brevet US 5,159,703 : Procédé pour effectuer des présentations subliminales silencieuses: ”Silent subliminal presentation system”, brevet accordé par l’Office des brevets américains
United States Patent n° 5,159,703
Lowery 27 octobre 1992
Résumé :
Système de communication silencieux, où l’onde porteuse non audible, utilisant une gamme de fréquences très élevées ou très basses ou bien le spectre adjacent des ultrasons, voit son amplitude ou fréquence modulée en fonction de l’information à transmettre et propagée par voie acoustique ou vibratoire pour transmission dans le cerveau généralement par l’intermédiaire de haut-parleurs, écouteurs ou transducteurs piézoélectriques. Les ondes porteuses modulées peuvent être transmises directement en temps réel ou bien peuvent être enregistrées et conservées très facilement sur des supports mécaniques, magnétiques ou optiques pour une transmission tardive ou répétée à l’auditeur.
Inventeurs : Lowery; Oliver M. (5188 Falconwood Ct., Norcross, GA 30071)
No du dossier : 458339
Déposé : 28 décembre 1989

Brevet US 5,213,562 : Méthode pour induire des états de conscience mentaux, émotionnels et physiques, ainsi qu’une activité mentale spécifique chez les êtres humains .
United States Patent n° 5,213,562
Monroe 25 mai 1993
Résumé :
Une méthode dont les types d’applications concerne la reproduction d’états de conscience souhaités; la formation d’un individu à reproduire un tel état de conscience sans autre stimulation sonore; et le transfert de tels états d'un être humain vers un autre en imposant à un individu l’EEG d’une autre personne superposé aux signaux stéréo désirés, qui déclencheront le phénomène du battement binaural.
Inventeurs: Monroe; Robert A. (Nelson County, VA)
cédé à : Interstate Industries Inc. (Faber, VA)
No. de dossier: 514460
déposé le : 25 avril 1990

Méthode et dispositif pour induire les états de conscience souhaités, brevet accordé par l’Office des brevets américains
United States Patent n° 5,356,368
Monroe 18 octobre 1994
Résumé :
Méthodes améliorées et dispositif destinés à entraîner le cerveau à adpoter un modèle d’activité cérébrale. Utilise la Réponse d’Adoption de Fréquence (RAF ou FFR Frequency Following Response) et facilite l’obtention de l’état de conscience souhaité. Dans l’un des cas, une grande variété de formes d’ondes d’un électroencéphalogramme (EEG), spécifiques à un état de conscience donné, sont combinées pour produire une forme d’onde d’EEG à laquelle les sujets seront peut-être plus facilement susceptibles. Dans un autre cas, des modèles d’activités correspondant au sommeil sont reproduits en copiant des périodes d'activités cérébrales types, observées au cours de portions d’un même cycle de sommeil; les principes de la synchronisation du cerveau sont appliqués pour induire le sommeil. Dans un cas supplémentaire, les principes de la synchronisation du cerveau sont appliqués au milieu du travail afin d’induire et de maintenir le niveau souhaité de conscience. Un dispositif portatif est également décrit.
Inventeurs: Monroe; Robert A. (Nelson County, VA)
cédé à : Interstate Industries Inc. (Faber, VA)
No. de dossier: 664176
Déposé : 1er mars 1991



Sons subliminaux

LA DEPECHE DE L’AGENCE NEWS BUREAU Ltd. 1991
Utilisation militaire du faisceau d’ultrasons qui agit sur le cerveau
La guerre électronique high tech arrive au Moyen Orient à Dahran, Arabie Saoudite.

(23 mars) -- Des sources à Dahran révèlent aujourd’hui ce qui a peut être été la vraie raison de l’attaque apparemment illogique et suicidaire par des troupes iraquiennes de la ville abandonnée d’Al-Khafji, située à seulement 19 km au sud de la frontière koweïtienne. Le rapport indique que l’objectif de première importance visé par le raid iraquien, de l’autre côté de la frontière concernait la tentative, par ailleurs réussie, de détruire une petite station radio FM portable qui avait été installée sur le toit de l’immeuble le plus élevé de la ville d’Al Khafji par la division PSYOPS (opérations psychologiques) du Ministère américain de la Défense.

En raison de la destruction* du système de commandement et de contrôle militaire de Saddam Hussein, la communication avec les troupes iraquiennes à Koweït se fait maintenant essentiellement d’une manière très primitive en utilisant les stations radio FM commerciales iraquiennes situées dans les petites villes iraquiennes limitrophes le long de la frontière occidentale du Koweït. Les ordres militaires sont codés puis transmis par la station radio FM militaire de Bagdad "YIHS." Ces signaux sont reçus et rediffusés à leur tour par des stations FM désignées, situées entre Baghdad et la frontière koweïtienne jusqu’à ce que la programmation arrive à la station de "contrôle" de la journée, qui émet ensuite directement à destination des troupes à Koweït sur exactement 100.00 Mhz, fréquence qui est constamment surveillée par tous.

Afin de contrer cette ligne de communication ("LOC") militaire iraquienne, l’organisation américaine en charge des PSYOPS* (opérations psychologiques) rattachée au Commandement central américain à Dahran a installé un émetteur FM portatif, un générateur électrique à essence et un dispositif avec lecteur de cassettes fonctionnant en boucle sur le bâtiment le plus élevé de la ville abandonnée d’Al-Khafji. La station transmettait sur 100 Mhz et sa puissance émettrice a été ajustée afin de couvrir les émissions de la station iraquienne fonctionnant sur la même fréquence.

La programmation clandestine de cette station était composée de morceaux de musique patriotiques et religieux ainsi que d’informations et d’ordres militaires intentionnellement vagues, confus et contradictoires à destination des soldats iraquiens dans le théatre de Commandement Koweïtien (KTO). Le nombre et la puissance des troupes ennemis ont toujours été intentionnellement exagérés. La reddition a été encouragée. Cependant, d’après des déclarations faites par des soldats iraquiens capturés et des déserteurs, la programmation la plus dévastatrice et démoralisatrice concernait la première utilisation militaire connue de cette nouvelle sorte de messages subliminaux "high tech" désignés sous le nom de "ultra-hautes fréquences," "sons silencieux" ou "messages subliminaux silencieux" (cf. Newsweek, 30 juillet 1990 page 61.)
Bien que complètement inaudibles à l’oreille humaine, les messages à caractère négatifs enregistrés sur des cassettes par des psychologues en charge des opérations psychologiques et diffusés en même temps que la programmation audible ont été clairement perçus par le subconscient des soldats iraquiens et les messages silencieux les ont complètement démoralisés et ont instillé un sentiment perpétuel de crainte et de désespoir dans leurs esprits. Les commandants de tanks iraquiens ou un membre différent de l’équipage devaient obligatoirement écouter la station FM 24 heures par jour afin d’entendre les ordres souvent modifiés de redéploiement. Ils étaient exposés aux sons silencieux pendant les mêmes périodes d’écoute.
La même source à Dahran indique que la station d’Al-Khafji a maintenant été réparée et fonctionne de nouveau.

Sons subliminaux : brevets

Recherches et brevets sur les possibilités de faire entendre des sons autrement que par l'utilisation d'ondes sonores mécaniques et en faisant emprunter au son une autre voie que le système auditif. Comme par exemple les recherches de Allan Frey en 1962 et de Joseph Sharp en 1974 sur la transmission de sons qui semblent naître à l'intérieur du crâne en utilisant des micro-ondes ou des ultrasons. Plusieurs brevets décrivent ces possibilités.

UN DES BREVETS existants, accordé à Wayne Brunkan le 31 octobre 1989
United States Patent 4,877,027 Brunkan Oct. 31, 1989
Système auditif, résumé :
Il est possible de transmettre du son dans la tête d’une personne en irradiant sa tête avec des micro-ondes à des niveaux de fréquences de 100 MHz à 10 000 MHz qui sont modulées pour former un type d’onde bien particulier. Cette onde prend la forme d’impulsions périodiques récurrentes de très courte durée modulées en fréquence. Chaque impulsion est faite de 10 à 20 pulsations également espacées et très rapprochées les unes des autres. La largeur de chaque impulsion se situe entre 500 nanosecondes et 100 microsecondes. La largeur de la pulsation se situe entre 10 nanosecondes et 1 microseconde. Les impulsions sont modulées en fréquence par l’information audible afin de créer l’impression d’entendre chez la personne dont la tête est irradiée.
Inventeurs : Brunkan; Wayne B. (P.O. Box 2411, Goleta, CA 93118).
N° de dossier : 202,679
Déposé : 6 juin, 1988
Classification internationale : A61N 5/00
Classification américaine actuelle : 607/56
Domaine de recherche : 128/420.5, 804, 419 R, 421, 422, 746; 381/68

Les recherches d'Allan H. Frey
Réponse du système auditif humain à de l'énergie électromagnétique modulée par ALLAN H. FREY

General Electric Advanced Electronics Center
Cornell University, Ithaca, New York
Journal de physiologie appliquée 17(4): 689-692. 1962.

Ce document est destiné à attirer l’attention des physiologistes sur un nouveau phénomène. En utilisant des densités de puissance d’énergie électromagnétique extrêmement basse en moyenne, il a été possible d’induire la perception de sons chez des personnes normales ou sourdes. Cet effet était induit à plusieurs kilomètres de l’antenne dès l’instant où l’émetteur était allumé et est fonction de la fréquence de la porteuse et de la modulation. Il y a eu des tentatives de faire correspondre les sons induits par l’énergie électromagnétique avec ceux produits par l’énergie acoustique. Le meilleur résultat était obtenu quand l’amplificateur acoustique était commandé par le modulateur de l’émetteur de radiofréquences. La densité de puissance maximum est un facteur critique et si le bruit acoustique est d’à peu près 80 db, une densité de puissance maximum d’environ 275 mw / rf est nécessaire pour induire la perception à des fréquences porteuses de 125 mc et 1,310 mc (mégacycles). La densité de puissance moyenne peut se situer à un niveau de radiofréquences de l’ordre de 400 µ_w/cm2. Les différents endroits qui ont été prouvés positifs pour capter l’énergie électromagnétique sont analysés tandis que la périphérie de la cochlée est exclue.
Reçu pour être publié le 29 septembre 1961
Des recherches approfondies ont été menées concernant les effets des radiofréquences (RF) sur les organismes (énergie électromagnétique entre 1 kc et ** Gc). En règle général, ces travaux concernaient l’évaluation des dommages découlant de l’augmentation de la température du corps. Les densités de puissance moyennes utilisées étaient de l’ordre de 0,1-t w/cm² pendant une période allant de plusieurs minutes jusqu’à plusieurs heures.
En comparaison, en utilisant des densités de puissance moyenne mesurées en microwatts par cm², nous avons découvert que des effets ****r qui sont transients (ou transitoires), peuvent être induits avec des radiofréquences. De plus ces effets se produisent dès que l’émetteur est allumé. Avec la modulation appropriée, il est possible d’induire des sons chez les personnes sourdes comme chez les personnes normales, qu’elles se trouvent à quelques centimètres ou à plusieurs milliers de kilomètres de l’émetteur. Avec des paramètres de transmission quelques peu différents, vous pouvez induire la perception de coups brutaux à la tête, sans aucun autre symptôme vestibulaire manifeste tels que les étourdissements ou la nausée. En changeant et en diminuant encore les paramètres de l’émetteur, il est possible d’induire la sensation de fourmillements.
Des recherches expérimentales avec ces phénomènes pourraient donner des informations sur le fonctionnement du système auditif et de façon plus générale sur les fonctions du système nerveux. Cette énergie pourrait être utilisée pour explorer les codes du système nerveux par exemple, en utilisant si possible les procédures Neider et Neff et pour stimuler le système nerveux sans occasionner les blessures dues aux électrodes.
* = illisible sur l’original

Transmettre du son : Dr. Joseph Sharp (traduction de l'article)
Micro-ondes et comportement par le Dr. Don R. Justesen
Laboratoires de neuropsychologie expérimentale
Veterans Administration Hospital, Kansas City, Missouri


publié dans "The American Psychologist"
Journal of the American Psychological Association
Volume 30, March 1975, Number 3

[Note d’Eleanor White, ingérnieur et consultante technique de l’association CAHRA :
Cet article décrit en termes précis comment Dr. Joseph C. Sharp et son équipe ont transmis les mots correspondant aux nombres 1 à 10 en utilisant une version modulée de l’émetteur à micro-ondes pulsés d’Allan Frey, (description détaillée en anglais du dispositif de Frey ici)]

Page 396 :
La démonstration de la transformation en sons de l’énergie micro-ondes par des matériaux manquant d’eau diminue la probabilité qu’un principe thermohydraulique est à l’oeuvre dans la perception humaine de cette énergie. Cependant, une certaine forme de thermoacoustique accompagne probablement la perception. Si c’est le cas, il est clair que simplement chauffer n’est pas suffisant pour obtenir l’effet Frey, la nécessité d’avoir des radiations qui sont pulsées semble impliquer un principe thermodynamique.
Frey et Messenger (1973) et Guy, Chou, Lin, et Christensen (1975) confirment qu’une impulsion micro-onde avec un temps de montée lent ne produit pas de réponse auditive; seulement si le temps de montée est court, avec pour résultat une onde de forme carré quant-au contour de l’enveloppe d’énergie de type radiofréquence émise, on obtiendra une réponse auditive.
[Commentaire d’Eleanor White : voilà pourquoi nous „n’entendons pas“ les signaux des ondes radio ou télévisuelles ordinaires]

Donc la fréquence de changement (la première dérivée) de la forme d’onde que prend l’impulsion est un facteur important de la perception. En se basant sur une interprétation thermodynamique, on pourrait déduire qu’une information peut être encodée dans cette énergie et "communiquée" à l’"auditeur."
Ce type de communication a en fait été démontré. A. Guy, un télégraphiste doué, a mis au point pour son père, un télégraphiste de compagnie ferroviaire à la retraite, un système fonctionnant avec un interrupteur, dont l’ouverture ou la fermeture provoquait l’émission d’énergie micro-onde pulsée. En dirigeant les radiations vers sa propre tête, des messages complexes en morse ont été facilement reçus par Guy.

Sharp et Grove ont découvert que moduler de l’énergie micro-onde de façon appropriée peut permettre de communiquer de la parole sans utiliser de "câble" ou de "récepteur." Ils enregistrèrent oralement sur une cassette chacune des syllabes anglaises correspondant aux chiffres entre un et 10. Les analogues électriques sous forme d’ondse sinusoïdales de chacun des mots ont ensuite été traités afin que chaque fois qu’une onde sinusoïdale traversait la référence zéro vers le moins, cela déclenchait l’émission d’une brève impulsion d’énergie micro-onde.
[Commentaire d’Eleanor White : Ceci est en fait une forme de ce que l’on appelle la modulation de l’impulsion en vitesse].
En s’irradiant eux-mêmes avec ces micro-ondes "modulées en voix," Sharp et Grove ont facilement été capables d’entendre, d’indentifier et de distinguer les 9 mots. Les sons entendus étaient relativement similaires à ceux émis par une personne avec un larynx artificiel.
La communication de mots plus complexes et de phrases n’a pas été tentée car la densité moyenne d’énergie nécessaire pour transmettre des messages plus longs aurait approchait les 10 milliwatt par cm² considérés actuellement comme la limite d’exposition à ne pas dépasser.
La capacité de communiquer directement avec un être humain par "radio sans récepteur" offre des perspectives prometteuses à la fois au sein de la clinique et à l’extérieur. Mais la question controversée et pas encore résolue de la quantité de radiations micro-ondes à laquelle un être humain peut être exposé sans craindre pour sa santé va probablement devancer les applications de ce type de communication dans un proche avenir.

Résumé des premières découvertes en sciences civiles et citations diverses sur le sujet :
En 1973 Dr Gerald Oster a découvert un phénomène particulier à l'école de Médecine du Mont Sinai à New York. Dr Oster avait étudié les effets des ondes sonores sur le cerveau. Il a découvert que faire entendre grâce à des écouteurs, deux tonalités différentes séparément à chaque oreille, faisait émettre le cerveau à une fréquence obtenue en faisant la différence entre les deux tonalités, par exemple si l'oreille gauche reçoit une fréquence de 400Hz et l'oreille droite une fréquence de 406Hz on trouvera une activité dominante de 6Hz sur l’EEG (electroencéphalogramme). Il a appelé ce phénomène : battements binauraux. Robert Monroe, fondateur de l'Institut Monroe des sciences appliquées en Virginie, a mené d’autres études sur ces phénomènes et a découvert des combinaisons particulières de tonalités et fréquences qui produisent des effets spécifiques chez l'homme. Sur les milliers de combinaisons de fréquences possibles qui pourraient être reproduites, Monroe et son équipe en ont sélectionné cinquante trois qui avaient des effets très positifs sur le cerveau. Monroe a fait breveter ce procédé en 1975, en l’appelant RAF Réponse d’Adoption de Fréquence ou FFR (Frequency Following Response). Monroe a également développé une série de cassettes, utilisant les combinaisons de fréquences que lui et son équipe ont découvertes. Il a appelé la série HemiSync, pour Synchronisation des Hémisphères.

Brevet US 5,159,703 : Procédé pour effectuer des présentations subliminales silencieuses: ”Silent subliminal presentation system”, brevet accordé par l’Office des brevets américains
United States Patent n° 5,159,703
Lowery 27 octobre 1992
Résumé :
Système de communication silencieux, où l’onde porteuse non audible, utilisant une gamme de fréquences très élevées ou très basses ou bien le spectre adjacent des ultrasons, voit son amplitude ou fréquence modulée en fonction de l’information à transmettre et propagée par voie acoustique ou vibratoire pour transmission dans le cerveau généralement par l’intermédiaire de haut-parleurs, écouteurs ou transducteurs piézoélectriques. Les ondes porteuses modulées peuvent être transmises directement en temps réél ou bien peuvent être enregistrées et conservées très facilement sur des supports mécaniques, magnétiques ou optiques pour une transmission tardive ou répétée à l’auditeur.
Inventeurs : Lowery; Oliver M. (5188 Falconwood Ct., Norcross, GA 30071)
No du dossier : 458339
Déposé : 28 décembre 1989

Brevet US 5,213,562 : Méthode pour induire des états de conscience mentaux, émotionnels et physiques, ainsi qu’une activité mentale spécifique chez les êtres humains .
United States Patent n° 5,213,562
Monroe 25 mai 1993
Résumé :
Une méthode dont les types d’applications concerne la reproduction d’états de conscience souhaités; la formation d’un individu à reproduire un tel état de conscience sans autre stimulation sonore; et le transfert de tels états d'un être humain vers un autre en imposant à un individu l’EEG d’une autre personne superposé aux signaux stéréo désirés, qui déclencheront le phénomène du battement binaural.
Inventeurs: Monroe; Robert A. (Nelson County, VA)
cédé à : Interstate Industries Inc. (Faber, VA)
No. de dossier: 514460
déposé le : 25 avril 1990

Méthode et dispositif pour induire les états de conscience souhaités, brevet accordé par l’Office des brevets américains
United States Patent n° 5,356,368
Monroe 18 octobre 1994
Résumé :
Méthodes améliorées et dispositif destinés à entraîner le cerveau à adpoter un modèle d’activité cérébrale. Utilise la Réponse d’Adoption de Fréquence (RAF ou FFR Frequency Following Response) et facilite l’obtention de l’état de conscience souhaité. Dans l’un des cas, une grande variété de formes d’ondes d’un électroencéphalogramme (EEG), spécifiques à un état de conscience donné, sont combinées pour produire une forme d’onde d’EEG à laquelle les sujets seront peut-être plus facilement susceptibles. Dans un autre cas, des modèles d’activités correspondant au sommeil sont reproduits en copiant des périodes d'activités cérébrales types, observées au cours de portions d’un même cycle de sommeil; les principes de la synchronisation du cerveau sont appliqués pour induire le sommeil. Dans un cas supplémentaire, les principes de la synchronisation du cerveau sont appliqués au milieu du travail afin d’induire et de maintenir le niveau souhaité de conscience. Un dispositif portatif est également décrit.
Inventeurs: Monroe; Robert A. (Nelson County, VA)
cédé à : Interstate Industries Inc. (Faber, VA)
No. de dossier: 664176
Déposé : 1er mars 1991


Ultra-sons subliminaux : les applications commercialisées

"L'air qui engendre un son parfait" dans l'hebdomadaire scientifique "New Scientist" du 7 septembre 1996 par Gary Eastwood

Un dispositif musical qui semble faire surgir le son de nul part pourrait remplacer les technologies de sonorisation conventionnelles, disent ses réalisateurs. Le dispositif prototype n'a pas de haut-parleurs conventionnels. Au lieu de cela il se base sur les ondes des ultrasons pour créer un hologramme sonore ou des schémas d'interférences en plein air. Cette technologie pourra servir aussi bien comme système de sonorisation amélioré que, une fois adapté, pour des applications dans le domaine du contrôle des foules. Le système pourrait cibler des individus désignés avec de puissantes ondes sonores à basses fréquences qui sont temporairement incapacitantes pour les êtres humains."American Technology Corporation" (ATC) à Poway, en Californie, a développé ce prototype, c’est le responsable en chef du Département Technologie de la compagnie, Elwood Norris qui est à l’origine de l’idée. La Société dévoilera le prototype aux USA ce mois-ci et espère commercialiser les premières versions d’ici un an. Le système émet deux ultrasons de fréquences différentes. Chaque ensemble d’ondes est à une fréquence trop élevée pour être entendu, mais à l’endroit où ces ondes se croisent ou interfèrent, elles produisent du son audible. L'effet équivaut à „générer des oscillations électriques de type hétérodyne pour entraîner un changement de fréquence des ondes acoustiques“ (ou "acoustique hétérodyne") et se base sur le phénomène dit de Tartini, ou différence de tonalité. Au 18ème siècle, le compositeur italien Guiseppe Tartini a remarqué que deux ondes sonores de fréquences différentes qui se croisent produiront un troisième son, dont la fréquence est la différence entre les deux. Ce phénomène "d’acoustique hétérodyne“ se produit aussi avec les ultrasons. Deux ultrasons aux fréquences trop élevées pour être audibles, telles que 200 kilohertz et 201 kilohertz, produiront un son audible de 1 kilohertz. Les ultrasons du prototype sont produits par des cristaux piézoélectriques, ou des transducteurs. Une tension oscillante transmise aux cristaux les fait vibrer de façon similaire à celle d’un haut-parleur. Un cristal émet un signal fixe de 100-kilohertz, alors que le signal de l’autre cristal varie entre 100 kilohertz et 120 kilohertz. Ceci produit des différences de tonalités entre 0 hertz et 20 kilohertz, ce qui couvre toute la gamme de l'audition humaine." "La sensation est vraiment stupéfiante," dit Norris. "Si vous dirigez le son en direction d’un mur, toutes les personnes dune salle comble indiqueront le même endroit comme point de départ de ce son. Vous pouvez alors déplacer le son vers le centre de la salle et le projeter au-dessus des têtes de l’assistance." Le système produit du son indirectement, ce qui devrait éliminer la distorsion normale provoquée par les haut-parleurs, dit Norris. Il pense que cela pourrait améliorer les téléphones et les appareils auditifs, et permettre des effets sonores supplémentaires dans les salles de cinéma. La source sonore mobile pourrait être employée pour représenter, par exemple, le passage d’un avion à réaction au-dessus des têtes des spectateurs. Il n'y a pas de raison pour que cela ne fonctionne pas," dit Peter Fryer, responsable de la recherche de B&W Loudspeakers à Steyning, dans le Sussex. "Mais les hautes fréquences peuvent être si élevées que les ondes risquent de ne pas se propager très loin, l’air les absorbant. Seuls les essais permettront de prouver l’efficacité du système."
Le système pourrait également avoir des applications dans le contrôle des foules. Des sons puissants et de basses fréquences peuvent provoquer désorientation et nausées. Dans les années 60, les USA ont essayé sans succès d'utiliser les infrasons à partir d’hélicoptères pour mettre les soldats ennemis hors de combat dans la jungle vietnamienne. Mais les sources sonores nécessaires étaient si puissantes que les secousses ont presque démonté l'avion, et la majeure partie du son a été absorbée par ceux qui étaient proches des haut-parleurs. Selon Norris, l’acoustique hétérodyne permet de viser très exactement un individu jusqu'à une distance de 200 ou 300 mètres en plaçant la zone d'interférence correctement.

L'Audio-projecteur
Le son projeté comme la lumière

Tout comme un rayon de lumière ou un laser peut éclairer un point précis, ”l’audio-projecteur” peut ‘’sonoriser’’ avec un faisceau de son projeté dans l’air. C’est un jeune chercheur américain du MediaLab qui a inventé cet appareil capable de défier les lois de l’acoustique. Joseph Pompéi est un surdoué qui a été embauché comme acousticien à 16 ans par la société Bose. Mais personne ne croyait à son idée de projection du son, jusqu’à ce qu’il aille frapper à la porte du fameux laboratoire du Massachusset Institute of Technology, le MediaLab. Spécialisé dans l’innovation, ce laboratoire a donné à Joseph Pompéi les moyens de mener ses recherches. Et le résultat est là : un boîtier relié à une sorte de galette de matériau composite noir permet de braquer le son comme un laser. L’audio-projecteur convertit un rayons d’ultrasons en un faisceau étroit de son en utilisant les capacités de résonance de l’air. Comme l’explique l’inventeur, ce faisceau est au haut-parleur ce que le laser est à l’ampoule. On entend le son lorsqu’on traverse le faisceau, le reste de la pièce est silencieux. L’appareil peut projeter un son de 80 à 90 décibels jusqu’à 200 mètres. Il ne s’agit pas de remplacer les enceintes pour l’usage quotidien mais on imagine déjà de multiples applications pour des spectacles, des expositions ou des grandes surfaces. L’armée américaine s’y intéresse aussi.

Maintenant il est possible d'avoir du son pour un usage personnel sans qu'aucun équipement ne protège nos oreilles. M. Pompei reçoit des lettres et des emails en provenance du monde entier de la part de gens convaincus que son audio-projecteur est utilisé dans leur cas comme dispositif de contrôle des esprits ("mind control"). Absolument pas, dit-il en riant.
Mais M. Pompei aime trop s'amuser pour ne pas faire quelques traits d'esprit de son invention. Se tenir sur le balcon de son bureau du 4ième étage et émettre le son de verres qui se brisent en direction des traiteurs en bas est l'un de ses favoris. Les traiteurs décontenancés s'arrêtent presque toujours pour regarder au sol. Finalement ils lèvent les yeux ou ils nous entendent rire dit-il. Maintenant les traiteurs ont l'habitude.
Les gens ont écrit à M. Pompei en demandant des dispositifs pour les protéger des utilisations insidieuses de l'audio-projecteur à des fins de contrôle des esprits. Il a joué avec l'idée de vendre des bouchons d'oreilles "audio-projecteur" sur son site Internet pour satisfaire la demande. Bien sûr, comme les sons audibles produits par son dispositif sont des ondes sonores normales, le produit serait tout simplement des bouchons ordinaires ornés de son logo. Mais si cela peut tranquilliser les gens, cela en vaut peut être la peine.


MODIFICATION DE LA PERCEPTION VISUELLE, MANIPULATION D'IMAGES TELEVISEES, IMAGES MENTALES

Le brevet ci-dessous concerne des applications civiles dans le secteur des loisirs mais le résumé décrit des possibilités d’intervention en temps réél sur les émissions qui rappelle ce qui est évoqué dans l’article ci-dessus.

United States Patent 4,305,131
Best 8 décembre 1981
Dialogue entre les films télévisés et les téléspectateurs

Résumé
Un système vidéo pour les loisirs grâce auquel un ou plusieurs spectateurs influencent le cours d’un film comme si chaque spectateur participait à un drame ou à un dialogue semblables à la réalité. Une unité de reconnaissance vocale reconnaît quelques mots prononcés tels que "oui" et "démarrage" prononcés par un spectateur à certains moments du film stimulant ainsi un dialogue entre les acteurs à l’écran et le spectateur. Le dispositif peut lire un vidéodisque à lecture optique contenant des séquences vidéo qu’il est possible d’appeler de façon indépendante, des fichiers audio compressés et/ou des images animées pour les multiples options de scénarii qui s’offrent alors dans le cours du film. Un circuit qui retrouve des enregistrements lit des groupes de fichiers d’informations de contrôle en langage binaire, contenant une structure en embranchement de points numériques qui spécifient la séquence cadre pour chaque scénario possible. Un circuit d’envoi rassemble une liste de "commandes répliques" qui spécifient très précisément quels séquences vidéo, séquences d’images et portions de sons doivent être présentés à quel moment. Un circuit de répliques exécute ces commandes en générant des signaux vidéo et audio très précisément minutés afin que la bande son du film vu par le spectateur soit synchronisée sur le mouvement des lèvres. Des enregistrements du nom du spectateur peuvent être insérés dans le dialogue afin que les acteurs parlent à chaque spectateur en utilisant le nom du spectateur. Le dispositif peut ainsi fournir à chaque spectateur l’illusion d’une participation active et individualisée au film.
Inventeurs: Best; Robert M. (16016 9th N.E., Seattle, WA 98155)
No. de dossier: 136100
Déposé : 31 mars 1980

POSSIBILITES DE DISTORSIONS DE LA PERCEPTION (citation du Capitaine Paul Tyler tirée du livre du Dr Nick Begich et Jeanne Manning "Les anges ne jouent pas de cette HAARP" ("Angels don't play this HAARP" Ed. Earthpulse Press 1995)

p. 183 Le capitaine Paul Tyler commente dans son livre l’utilisation de rayonnements non-ionisants à partir de sources extérieures, comprenant le rayonnement de radiofréquences et autres rayonnements électromagnétiques. Certaines des utilisations possibles sont par exemple les interactions avec des groupes terroristes, contrôler les foules, contrôler les failles du système de sécurité des installations militaires et des utilisations comme techniques antipersonnelles dans le cadre de guerres tactiques, explique-t-il. Dans tous ces cas les systèmes électromagnétiques pourraient être utilisés pour entraîner des perturbations physiologiques plus ou moins graves, des distorsions de la perception ou bien pour désorienter. De plus la capacité des individus à agir pourrait être dégradée au point de les rendre inaptes au combat… ces systèmes peuvent couvrir des zones très grandes et ils sont silencieux.

Sciences et Avenir Juin 2001 "Les effets des champs magnétiques parmi lesquels ceux affectant l'attention visuelle et les états de conscience"
Une technique dérivée de la stimulation électrique du cerveau est à l’étude dans les laboratoires de psychologie de l’Université laurentienne de l’Ontario (Canada). Développé par le Dr Michael Persinger, "Octopus" est un appareil composé de huit électroaimants fixés sur une sorte de casque et disposés à la verticale de chacun des huit lobes cérébraux. Il s’agit ici d’activer le cortex, toujours par stimulation magnétique. La forme des ondes émises par les aimants de l’Octopus est censée reproduire la "signature" électrique du cerveau comme les corps amygdaloïdes, noyaux du système limbique (le siège des émotions), dont la destruction accidentelle ou pathologique élimine toute peur. Peu de résultats ont été publiés et peu d’informations sont filtrés, mais le dispositif semble prometteur. En 1996 déjà, Michael Persinger observait que la stimulation magnétique prolongée (durant une semaine) des lobes temporaux améliorait la potentialisation à long terme à l’intérieur de l’hippocampe, en d’autres termes, facilitait la mémorisation. Aujourd’hui, le procédé permettrait d’aller encore plus loin dans la modulation des facultés cognitives et l’altération des états de conscience. En alternant les zones stimulées et en modifiant la forme des ondes magnétiques, l’appareil serait capable d’induire un état que Charles Cook, du même laboratoire, nomme "hyperattentionnalité."
Un volontaire décrit ainsi ce qu’il a ressenti durant l’expérience : "J’ai eu des bouffées d’anxiété suivie d’instants durant lesquels mon esprit allait si vite que je ne pouvais rien faire pour l’arrêter. J’ai eu des moments d’acuité visuelle accrue" qui survenaient avec une telle clarté que même la phrase "voir la création divine" n’aurait pu rendre sans les banaliser. A d’autres moments, mon intention était tellement rivée à la personne à laquelle je m’adressais que le sujet de notre conversation ne provoquait chez moi aucune réaction émotionnelle. Mon attention était unifiée comme jamais. Rien ne m’en détournait. Je ne pensais plus au lendemain..." Le cobaye prétend même avoir éprouvé un sentiment de bien-être complet et la certitude que tout son environnement semblait "parfait."
Expérience interdite
Jusqu’à maintenant, seules certaines drogues et quelques rares expériences d’électrostimulation intracrânienne réalisées pendant des opérations neurochirurgicales ont pu engendrer de telles altérations de conscience. L’avantage de la SMT (stimulation magnétique transcrânienne) et des techniques dérivées est qu’elles sont relativement peu invasives et évitent l’usage de psychotropes potentiellement dangereux. Mais il convient de rester très prudent, "Ce genre de d’expérience n’est jamais anodin, avertit Nicole Fiori, neurophysiologiste à l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris, et dans ces domaines, la déontologie n’est pas un vain mot."
D’où peut-être la réticence des scientifiques français pour ce type de psychologie expérimentale. Soit dit en passant, le Dr Persinger est un personnage assez inquiétant dans son genre. En 1995, il écrivait un article intitulé "Contrôle électromagnétique à distance de tous les cerveaux" où il envisageait de façon purement théorique la possibilité d’une manipulation des consciences via des émetteurs magnétiques sophistiqués. Une programmation des esprits rendue possible par la découverte alors récente de l’extrême sensibilité du cerveau au champ magnétique.


Expériences subliminales

L’imagerie fonctionnelle du cerveau constitue un axe privilégié de recherche. Des travaux très originaux concernant la mise en évidence grâce à l’IRMf des régions cérébrales sollicitées au cours de tâches cognitives inconscientes
(perception d’images subliminales, Nature,1998 ; Nature Neuroscience, 2001), ou conscientes (calcul, Science, 1999), ont été récemment publiés. Ces travaux, basés sur l’acquisition d’informations par des méthodologies d’imagerie complémentaires (imagerie multimodale) contribuent à la cartographie des fonctions cérébrales.
Les recherches menées au SHFJ visent à l’identification des réseaux neuronaux impliqués dans ces fonctions cognitives supérieures (langage, calcul, conscience), y compris dans leurs aspects spatio-temporels


Les effets inconscient de la météo
C’est une recherche concernant les effets de la météorologie sur le jugement de satisfaction réalisée par Schwarz et Clore (1983). Dans une première phase de la recherche, ils avaient contacté par téléphone des sujets soit un jour ensoleillé, soit un jour de pluie pour les interroger sur leurs satisfactions dans la vie sociale, soi-disant dans le cadre d’un sondage. Les questions posées concernaient la vie familiale et la vie professionnelle. Les sujets avaient la possibilité de graduer leur jugement de « très satisfaisant » à « pas du tout satisfaisant ». Les conditions d’interrogation des deux groupes étaient identiques, le seul facteur qui variait était la météo. Les résultas ont montrés que les sujets interrogés un jour de pluie se sont déclarés en moyenne plus satisfaits de leurs vies ceux interrogés un jour ensoleillé. Les auteurs ont donc conclu que les sujets, sans en avoir conscience, ont été influencés par la météo. Pour être sûr que cet effet est bien dû au temps et qu’il ne s’agit pas d’un résultat faussé, les deux chercheurs ont avancé l’hypothèse qu’ils pouvaient éliminer « cet effet météo » sur le jugement en évoquant avec les sujets le temps qu’il faisait avant de les interroger. Ce fut l’objet d’une seconde interrogation lors de la seconde phase de la recherche. Les soi-disant enquêteurs ont d’abord évoqué le temps qu’il faisait dans les villes des sondés (prétextant téléphoner de loin) avant d’aborder avec eux leur satisfaction sur leurs vie professionnelle. Les résultats montrent qu’il n’y a plus d’effet de la météo sur le jugement.
Cette expérience met en évidence les effets des informations (ici la météo) traitées en dehors de la conscience sur le jugement, ces effets qui ne sont absolument pas accessibles à la conscience.

Le jugement de préférence
Zajonc (1980) considère que nous avons d’abord des préférences que nous justifions ensuite, que nous rendons rationnelles car l’entourage ne cesse de nous questionner sur nos choix, nos décisions, nos préférences, etc. Les critères ou les raisons de nos choix ne nous sont pas consciemment accessibles, aussi nous en inventons à nos propre yeux et aux yeux d’autrui. Zajonc et ses collaborateurs ont montré qu’une présentation subliminale de stimulus produit chez les sujets un jugement de préférence élevé qu’envers des stimuli non présentés. L’expérience réalisée par les auteurs a consisté à présenter aux sujets des figures géométriques de manière subliminale pendant une durée de 5ms à l’aide d’un tachistoscope. Lors d’une seconde phase de l’expérience, on présentait à ces mêmes sujets des paires de stimuli constituées d’une figure déjà présentée de manière subliminale et d’une figure nouvelle. Le stimulus déjà présenté était placé tantôt à droite, tantôt à gauche pour éviter les effets d’ordre. Les sujets devaient dire d’abord s’ils reconnaissaient l’un des stimuli et ensuite, de dire lequel des deux ils préféraient. Les sujets d’un second groupe, pour contrôler les effets d’ordre de présentation, devaient d’abord dire lequel des deux stimuli ils préféraient, et ensuite dire lequel ils reconnaissaient avoir vu lors de la première phase. Les résultats montrent que les sujets des deux conditions expérimentales ne reconnaissent pas les stimuli, en revanche, dans 60% des cas les stimuli présentés de manière subliminale. Zajonc a donc montré que même en l’absence de toute reconnaissance , les sujets ont une préférence pour les stimuli qu’ils ont rencontrés auparavant même si ces derniers ont été présenté de manière subliminale.

Le jugement d’autrui
Juger que nous ressentons une sympathie ou une attirance envers une personne serait soumis à de multiples facteurs internes et externes non accessibles à la conscience. Au niveau visuel des chercheurs ont montré que nous réagissons positivement aux individus qui ont la pupille dilatée et négativement lorsqu’ ils ont la pupille rétrécie. Niedenthal et Cantor (1986) ont montré que ces informations, traitées en dehors de la conscience, affectent le jugement envers une personne que nous avons en face de nous. Ils ont réalisé une recherche expérimentale pour mettre en évidence un tel effet. Quatre photos de jeunes femmes ayant la pupille dilatée et quatre autres photos des mêmes individus mais avec cette fois la pupille rétrécie ont été réalisées. L’ensemble de ces photographies étaient présenté à des sujets qui devaient les juger sur un ensemble de traits de personnalité. Les résultats sont éloquents : les photos des individus à pupille dilatée ont reçu davantage de descriptions positives et ceux à pupille rétrécie ont reçues des jugements négatifs. Les entretiens post-expérimentaux montrent que les sujets étaient totalement non conscient de la dilatation de la pupille.
Il s’agit ici d’une information non consciente et traitée de manière subliminale qui a eu un effet très net sur le jugement d’un individu.

Les effets des messages publicitaires
Channouf et Rouibah (1995) ont formulé l’hypothèse que des messages publicitaires présentés immédiatement après l’exposition subliminale de visage de personnes célèbres seraient jugés plus crédibles ou plus vrais que les messages précédés par des personnes inconnues. En revanche, si les visages sont présentés pendant une durée suffisamment longue pour permettre leur reconnaissance par les sujets, on ne devrait pas trouver de différence en fonction de la de la célébrité de ces visages. Pour effectuer cette hypothèse, les auteurs ont utilisé des temps de présentation des visage de 50 ms pour une présentation subliminale et de 400 ms pour une présentation consciente. Une série de 16 visages célèbres constituées de visages de politiciens, de chanteurs, d’acteurs, de présentateurs d’émissions télévisées et de sportifs a été établie. Ces visages ont été choisis de manière à ce qu’il y ait autant de femmes que d’hommes. 16 autres visages de personnes inconnues ont été choisis pour constituer une seconde série. Le choix de ces 16 visages s’est fait de manière à ce qu’à chacun des visages célèbres corresponde un visage inconnu identique quant aux variables sexe et âge. Ainsi, deux séries de 32 visages ont été construites pour former un ensemble de 32 visages. 32 messages, jugés au préalable ni vrai ni faux, ont été retenus. Ces 32 messages ont été associés aléatoirement pour une moitié de sujets aux 16 visages célèbres et l’autre moitié aux 16 visages inconnu. Chaque sujet était installé face à un ordinateur dans une salle bien éclairée. Un point de fixation central apparaissait alors pendant 200 ms afin que chaque sujet puisse fixer son regard au centre de l’écran. Après un intervalle de 700 ms un visage apparaissait au centre de l’écran durant 50 ms (condition subliminale) ou durant 400 ms (condition consciente). Après un autre intervalle de 50 ms, un message était présenté. Il s’agissait pour les sujets de lire le message à l’écran et de dire par une réponse binaire, la plus rapide possible, si le message leur paraissait vrai ou faux. La réponse du clavier entraînait la disparition d’un message publicitaire et entraînait la présentation d’un visage puis d’un autre visage et ainsi de suite. La variable utilisée dans cette expérience est le nombre de messages jugés vrais pour chaque pour chaque type de visage. Les deux auteurs ont observé un effet significatif du type de visage. Il y a un effet significatif du type de visage présenté (célèbre ou inconnu) dans le cas du subliminal pour le jugement sur le message publicitaire. Ainsi les sujets estiment plus vrai un message lorsqu’ il est précédé d’un visage célèbre que lorsqu’ il est précédé d’un visage inconnu.

Étude menée par le CNRS
L' étude a été menée de la manière suivante : plusieurs informations ont été présentées sur des écrans d'ordinateurs à différents sujets, dans l'ordre suivant :
- une série de lettres aléatoire (par exemple QDJGLS)
- un premier nombre (par exemple SEPT)
- une autre série de lettres aléatoire (par exemple HJKQKF)
- et enfin un second nombre (par exemple NEUF).
Le premier nombre est présenté très brièvement, pendant 43 millièmes de seconde, en sorte qu'il est littéralement invisible ; même des personnes informées de sa présence ne parviennent pas à le repérer ou à le lire. En revanche, le second nombre est présenté suffisamment longtemps pour que le sujet puisse en prendre connaissance.
La perception, même inconsciente, du premier chiffre influence le comportement du sujet.
En effet, lorsque le chercheur demande au sujet si le second nombre, (ici neuf), clairement visible, est plus grand ou plus petit que cinq, sa réponse est plus rapide lorsque l'on a présenté entre les deux un nombre subliminal intermédiaire (ici sept). Comme le sujet a tenu compte du chiffre sept, bien qu'il n'ait pas été informé de sa présence, ceci implique que le nombre caché a été reconnu par le sujet, et qu'il en a inconsciemment évalué la grandeur numérique. Pendant que les sujets donnaient leur réponse à la question posée en pressant un bouton, les chercheurs enregistraient l'activité électrique de leur cerveau (c'est un électroencéphalogramme : EEG), ou utilisaient la récente méthode d'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique nucléaire (IRMF). Cette méthode est sensible aux variations de débit sanguin cérébral dues à une action mentale unique, et est complémentaire de l'EEG : elle localise très précisément le traitement inconscient à des régions bien précises du cerveau, tandis que l'EEG en précise le déroulement temporel. Les résultats obtenus ont démontré que l'influence du nombre caché se fait sentir sur l'ensemble du traitement de l'information dans le cerveau, et qu'elle ne se restreint pas aux zones impliquées dans des processus sensoriels. Au contraire, même le cortex moteur, responsable de la commande des mouvements, bien distincte des commandes intellectuelles, se trouve activé dans cette tâche très simple.
Les zones du cerveau impliquées dans le traitement de l'information inconsciente s'avèrent ainsi être tout à fait comparables à celles impliquées lors du traitement de l'information consciente.
Ceci n'exclut pas que, dans des tâches plus complexes, le traitement conscient soit associé à des régions cérébrales spécifiques.
Ces nouveaux résultats confirment que notre cerveau fonctionne très largement sur un mode inconscient.
L'identification visuelle, l'accès au sens des mots, et même la programmation motrice peuvent se dérouler très efficacement sans que nous en prenions conscience.
L'intérêt principal de cette étude est de contribuer à une meilleure compréhension des bases cérébrales de la conscience, l'une des questions les plus débattues de cette "décennie du cerveau".

Représentation de l'activité électrique du cerveau, lors d'une réponse motrice consciente (image du haut), et d'une préparation motrice inconsciente (image du bas). Les circuits moteurs activées lors d'une action réelle et lors d'un processus inconscient sont identiques. Notez la différence du temps de réaction visible sur les deux écrans d' ordinateur. On remarque que lorsqu'un nombre subliminal a été introduit, le temps de réaction est plus court.


Articles d'experts ou de journaux : les hologrammes

Un article du journal "The Guardian" repris dans le quotidien australien le "Sydney Morning Herald" du 5 février 2000 par David Hammling décrit la façon dont les militaires entendent utiliser des hologrammes dans le cadre d'opérations militaires

David HAMLING / Londres
Nous sommes à Bagdad en 1991 et quelque chose d'étrange est en train de se produire. Le silence tombe sur la ville tandis que le reflet d'un immense visage se matérialise dans le ciel. Soldats et civils se prosternent pendant que chacun d'entre eux entend la voix d'Allah, leur ordonnant de renverser le diabolique et déloyal Saddam Hussein. Dans les minutes qui suivent une foule en colère assaille le Palais alors que les gardes fuient...

Ce scénario extrêmement imaginatif a été proposé par les planificateurs de l'Armée de l'Air américaine (L'US Air Force) afin de remporter la victoire dans la guerre du Golfe sans verser de sang. L'idée de faire parler Dieu n'est pas nouvelle. Au 2e siècle après JC, Lucian a décrit une statue du Dieu Aesculape qui parlait aux croyants avec l'aide d'un prêtre caché muni d'un tube parlant.

Le plan de Bagdad comprenait la projection d'un hologramme géant au-dessus de l'Irak. Ce type de projection nécessite un miroir par derrière. L'échelle du projet requérais d'avoir dans l'espace un miroir de plusieurs km de large. Jusqu'à présent le miroir le plus large à avoir été développé faisait 30 mètres de large et les versions actuelles sont trop petites pour produire une image convaincante au niveau du sol.
Une autre approche aurait été de "faire" un miroir avec de l'air. Quand l'air chaud est superposé sur de l'air froid, la différence de densité est suffisante pour réfracter la lumière. En haute altitude, un mirage peut faire apparaître des paysages entiers dans le ciel. Un mirage artificiel pourrait être fait en théorie en chauffant l'atmosphère avec des ondes radio ou des micro-ondes.

Les militaires semblent vraiment croire en l'utilité potentielle des hologrammes. Un groupe de réflexion de l'US Air Force a conçu des types d'usages aussi variés que l'imagerie holographique trompeuse ou le projecteur déformateur de champs, qu'on croirait tiré de Star Trek. Ces utilisations sont qualifiées d'utiles pour des objectifs de déception stratégique, en particulier contre un adversaire peu sophistiqué. Ces images seraient projetées par un avion spécial, un projecteur d'hologrammes aéroporté.
Actuellement l'équivalent le plus approchant est probablement le Commando Solo, un Hercule modifié, festonné d'antennes émettrices et réceptrices et portant des nacelles d'électronique classifiée. Son mode de transmission couvre tout le spectre électromagnétique, y compris les signaux radio et télévision.

Le visage de Dieu a besoin d'une voix. Une nouvelles technique utilisant des micro-ondes pourrait produire ce résultat. Quand une impulsion micro-onde de très haute énergie (HPM High Power Microwave) frappe le corps humain, une légère perturbation de la température se produit, entraînant une expansion de tissus qui peut créer une onde acoustique. Un rapport du Comité Consultatif scientifique de l'USAF indique : "A partir d'un jet d'impulsions, une zone acoustique interne de 5 à 15 kHz qui est audible, peut être créée. Il serait ainsi possible de "parler" à des adversaires d'une façon qui serait extrêmement dérangeante pour eux."
Les difficultés pratiques de la transmission par micro-ondes sont immenses. La perception exacte du son dépend de la taille et de la forme du crâne de l'auditeur et de son orientation par rapport à la source. Les micro-ondes peuvent être réfléchies ou amorties par des objets solides par conséquent la voix de Dieu pourrait avoir la qualité vaguement sous-marine d'une mauvaise réception radio. Et pourriez-vous croire en un Dieu, dont la voix baisse quand vous passez derrière un lampadaire.

Mais ce plan présentait encore d'autres difficultés. Les images d'Allah sont interdites dans l'Islam. Comment pouvez-vous projeter l'image de Dieu quand personne ne sait à qui il est censé ressembler?
Et les citoyens de Bagdad ne sont pas des sauvages superstitieux, susceptibles de fuir au son d'une voix désincarnée provenant d'un phonographe. Ils ont été exposés à la synthèse d'images par ordinateur et à des effets spéciaux sophistiqués pendant des années. Si l'image de Dieu apparaissait dans les cieux, quelqu'un ne pourrait s'empêcher de suggérer que tout a été fait avec des miroirs.
The Guardian.

SOURCE: http://asthme-reality.com/manipulations/index.htm

STRATEGIES DE MANIPULATION DES MASSES

Les stratégies : la diversion
Capturez leurs esprits, leurs cœurs et âmes suivront

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La nouvelle censure
Le principe de base de la censure moderne consiste à noyer les informations essentielles dans un déluge d'informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu semblable. Cela permet à la nouvelle censure d'avoir toutes les apparences de la pluralité et de la démocratie.
Cette stratégie de la diversion s'applique en premier lieu au journal télévisé, principale source d'information du public.

De l'info sans infos...
Depuis le début des années 90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d'information. On continue d'appeler "journal télévisé" ce qui devrait en réalité être appelé un "magazine".
Un J.T. moyen contient au maximum 2 à 3 minutes d'information. Le reste est constitué de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

...et une censure sans censeurs
Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la "loi du marché" et la "loi de l'audience". Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaînes n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoirs font plus d'audience avec un coût de production réduit.
Même les évènements importants sont traités sous un angle "magazine", par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micro-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.
A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

Information déstructurée pour mémorisation minimale
Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée.
La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.
Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchaînant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.) , comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler... La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles.

Plaire à tout le monde
D’abord, quand 60 millions de personnes vous écoutent simultanément à la radio, il est difficile de plaire à la fois aux banquiers, aux chasseurs, aux femmes au foyer, aux chômeurs, aux pacifistes, aux prolos et aux lapins.
Ensuite, il est difficile de continuer à entretenir les masses dans l’illusion si celles-ci, au contact du réel, peuvent découvrir qu’elles font l’objet d’une manipulation. Heureusement pour nos amis dictateurs, les nouvelles technologies de l’information permettent de résoudre ces problèmes. La possibilité de s’adresser à chaque internaute en adaptant automatiquement le discours produit permet d’atteindre le vieux rêve populiste : plaire à tout le monde. La dématérialisation des activités humaines, quant à elle, brouille nos repères et nous transforment en schizophrènes incapables de dissocier la réalité de l’univers virtuel. Les techniques post-modernes de manipulation des esprits pourraient accoucher de cette psychocratie redoutée par Volkoff.
D’un point de vue historique, nous pourrions nous croire vaccinés contre les entreprises de désinformation.
Malheureusement, notre organisation sociale et technique nous empêche de bénéficier d’un hypothétique "effet d’expérience" collectif. En lisant Volkoff, on s’étonne par exemple de ne plus se souvenir de la polémique, vite étouffée il est vrai, qui, au cours de la campagne présidentielle de 1988, avait désigné François Mitterrand et ses sbires comme les responsables d’un montage télévisuel destiné à favoriser le vote socialiste par l’incrustation, dans les génériques des journaux télévisés de France 2, d’images subliminales du Président candidat.
La profusion d’information, le nivellement des enjeux (le sort de Virenque vaut celui des Kosovars) et le contrôle caché (quoique non centralisé) de ce gigantesque spectacle médiatique rendent illusoire la poursuite d’une quelconque " vérité ". Contraints de nous fier à notre intelligence, nous devons mettre en place les filtres techniques, sociaux et cognitifs qui
pourront nous protéger des manipulations les plus évidentes.
La recomposition de nos appartenances et de nos références devient urgente. Comme le rappelle Mucchielli, cité par Volkoff, l’atomisation sociale favorise les manipulations de toutes sortes : " l’appartenance à des groupes cohésifs sert de rempart contre la propagande (par résistance du système des opinions individuelles lorsqu’il est soutenu par la sécurité de l’appartenance, et soumis, grâce aux échanges socio-affectifs, à un renforcement permanent) ". Mais ces groupes cohésifs, nous les avons éliminé les uns après les autres en détruisant systématiquement les castes, les tribus, les corps de métier, les patries, les familles, tous les ordres préexistants au choix individuel, et nous nous efforçons même de donner mauvaise conscience aux rares individus qui s’en réclameraient encore. "
Comme le regrette Volkoff, nous ne pouvons plus compter sur la clairvoyance et la solidarité d’un équipage pour nous protéger contre les sirènes de la désinformation. Averti, Ulysse avait protégé ses compagnons en leur mettant des boules de cire dans les oreilles. Lui-même s’était fait enchaîner au mat. Seul et sans lien, nous sommes aujourd’hui prêts à suivre le premier poisson venu, pourvu que son chant nous agréé.
(Centre international de sciences criminelles et pénales CISCP)


Les stratégies :

Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

la stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

S'adresser au public comme à des enfants en bas age
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?
"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion
Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...

Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.
"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")

Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte... Stratégie particulièrement bien utilisée par Jack Lang !

Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...




Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Exemple
Comment sortir indemne de ce matraquage ?
D'autant que certaines méthodes, comme celle dite des "images subliminales" (normalement illégale), s'adressent directement à notre inconscient et déjouent notre défense critique. Cela peut avoir des conséquences graves pour l'économie domestique avec le développement du téléachat qui suscite des impulsions d'acquisition instantanées. Surtout si télécommande et carte de crédit sont couplées comme le proposent de récents gadgets...
La publicité et les techniques de vente, même les plus controversées, servent par ailleurs de modèle au discours politique, surtout en période électorale. Leur influence, en particulier celle du marketing politique, est considérable sur le citoyen à l'heure de choisir les dirigeants dans une "démocratie d'opinion". Les techniques de vente, fondées sur des études très fines des marchés, se voudraient presque une science. Leur objectif : nous manipuler, nous faire consommer toujours plus. A cet égard, les stratégies mises au point dans les hypermarchés pour piéger le consommateur sont stupéfiantes. Un "hypermarché-laboratoire" a même été construit à Saint-Quentin-en-Yvelines, près de Paris, afin d'étudier au microscope les comportements d'achat. Dans ce magasin expérimental, l'acheteur-cobaye est épié par une équipe de sociologues et de psychologues qui suivent tous ses gestes à travers des glaces sans tain ; son parcours, ses arrêts,ses hésitations sont minutieusement analysés. Même le chemin suivi par son regard sur les rayons est enregistré par l'Eye Movement Recorder, "un système qui, par l'étude de la réfraction d'infrarouges sur la rétine, permet de déterminer quels articles ont été observés en premier sur un rayon et pendant combien de temps...". Ces observations et des enquêtes très fouillées sur les motivations d'achat vont permettre, grâce au concours d'architectes, de décorateurs, d'éclairagistes, de modeler l'espace intérieur des hypermarchés pour stimuler la consommation. Largeur des allées, taille des rayons, emplacements des produits, éclairage, couleurs, tout est calculé pour que le client ralentisse sa vitesse de déplacement, s'attarde sur le maximum de produits et que, "en plus de l'indispensable, il achète le superflu".
Rien n'est laissé au hasard.
Un exemple : l'électroménager. Toujours situé à l'entrée, pour deux raisons : le caddie doit être vide pour pouvoir recevoir un gros emballage ; et son prix servira de référence, car tout le reste paraîtra moins cher... Même la musique d'ambiance est très étudiée pour que l'immensité des nefs commerciales n'effraie pas et soit rendue plus intime. En France, 60% des hypermarchés diffusent la même musique spécialement élaborée pour eux par une société qui, via satellite, couvre l'ensemble du territoire. Dans certains pays, cette musique contient des phrases subliminales, qui répètent aux clients extasiés : "Ne volez pas !", "Détendez-vous !", "Faites-vous plaisir !"
L'aliment des démagogues ADJUVANTS du discours publicitaire, les sondages fournissent renseignements et arguments supplémentaires sur les besoins de tous ordres des citoyens. "Ce que cherchent les sondeurs, explique Vance Packard, c'est évidemment le pourquoi de nos actes, afin, si faire se peut, d'infléchir plus sûrement nos choix en leur faveur". Ils fouillent, sous de faux prétextes parfois, dans les comportements, les moeurs, les attitudes et dessinent peu à peu le profil du consommateur électeur moyen.
Ils définissent ainsi "l'opinion publique", reflet à peine déformé de l'information de masse et de la publicité. L'ensemble constituant une boucle qui circonscrit la norme sociale, le consensus et la conformité. En dehors, c'est la marge, la déviance, l'anormalité. Les sondages établissent une nouvelle forme de conditionnement qui nous influence en douceur. En nous rappelant sans cesse le désir du plus grand nombre, ils nous suggèrent d'aller dans le même sens. Car les indécis tendent à se ranger à l'avis de la majorité.
Paul Watzlawick, spécialiste de la communication de l'école de Palo-Alto, a magistralement montré comment un individu isolé en venait à douter de ses propres sens et, pour ne pas se distinguer, à accepter l'opinion du plus grand nombre.
"La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable, mais déformant la réalité, d'être en harmonie avec un groupe, est bien entendu l'aliment dont se nourrissent les démagogues", conclut Watzlawick.


SOUECE:http://asthme-reality.com/manipulations/pages/stategies.htm